Me Luc Tourangeau attend le rapport présentenciel avant de se prononcer sur la peine à réclamer pour son client.

Lourde peine pour un vol de 30$

Même si des larmes coulaient sur ses joues, Steeven Simard, un jeune homme de 19 ans de Chicoutimi, s'est rendu compte qu'il ne pouvait braquer une arme, même s'il s'agit d'un fusil à air comprimé, dans le visage d'un individu sans en payer le prix.
Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Mélanie Paré, de la Couronne et de Me Luc Tourangeau, en défense, de lui imposer une sentence de deux ans moins un jour de détention ferme. Tout ça pour 30 $ en argent et quelques grammes de cannabis.
Au cours de l'été 2016, alors qu'il vient de passer à l'âge adulte, Simard et un ami d'âge mineur ont le goût de consommer de la marijuana.
Mais l'accusé dit ne pas avoir d'argent pour s'en procurer. Son « ami » lui précise qu'il pourrait se trouver une arme, aller voir le vendeur, lui braquer l'arme et lui prendre son argent et sa drogue.
Le duo met le plan à exécution. Et c'est Simard qui hérite de l'arme de type Air Soft.
Il arrive devant le vendeur en respectant le scénario élaboré quelques heures avant. Il lui pointe l'arme au visage et exige la drogue et l'argent. Et il repart aussitôt, non sans avoir véritablement effrayé l'individu.
Simard et son acolyte se sont ensuite échangé des messages sur Facebook, comme quoi ils ne devaient pas parler de l'arme. Mais des gens ont intercepté ces échanges et les ont dénoncés à la police.
Lors de son arrestation, Simard a déballé son sac et fait des aveux.
« Mon client vivait alors une période difficile. Il avait été mis dehors de la maison de son père et avait de mauvaises fréquentations. Il s'est repris en main depuis, a suivi et a réussi une thérapie et a même effectué un retour aux études », a mentionné Me Tourangeau.
« Lorsqu'il a pris le chemin des cellules, les larmes coulaient sur ses joues et ce n'était pas pour faire pitié. La leçon est difficile », précise le criminaliste.
Ce dernier veut aviser les personnes qui seraient tentées d'utiliser une arme, même à air comprimé, pour commettre un vol, même si c'est auprès d'un vendeur de stupéfiants.
« La peine minimale pour un vol qualifié avec une arme à feu est de quatre ans. Le fusil air soft est considéré comme une arme en raison de la vélocité du projectile qui peut sortir et qui peut blesser une personne. Dans le cas de Steeven Simard, le fait que l'arme n'était pas chargée a permis de lui éviter une peine plus sévère. Bien des gens ne sont pas au courant », note Me Tourangeau.