La juge Isabelle Boillat n’a pas retenu la thèse de la défense voulant que Louis-Vladimir Bataille n’était pas sur les lieux du crime.

Louis-Vladimir Bataille risque le pénitencier

Louis-Vladimir Bataille est parvenu à se sortir d’une accusation de voies de fait causant des lésions en 2017, à La Baie, mais il n’est pas arrivé à convaincre le tribunal de son innocence dans une autre affaire de voies de fait armées causant des lésions et d’introduction par effraction, survenue à Jonquière. Il s’expose à une sentence variant de deux ans moins un jour à 30 mois de détention.

La juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec, a rendu sa décision au Palais de justice de Chicoutimi. Elle n’a pas retenu la thèse de la défense voulant que Bataille, un réfugié haïtien, ne se trouvait pas sur les lieux de l’infraction le soir du 27 novembre 2017.

Elle est convaincue de la culpabilité de l’accusé, mais l’a acquitté de menaces de mort en raison de la faiblesse de la preuve.

Bataille a été arrêté en lien avec une introduction par effraction survenue dans une résidence de Jonquière. Il était accompagné de Frédéric Fontaine (six ans de pénitencier). Les deux hommes y étaient pour collecter les dettes d’un individu.

Bataille a utilisé un bâton télescopique pour asséner un coup à la tête de la victime et ensuite le frapper au corps.

Au cours du procès, Bataille ne s’est pas rendu à la barre pour livrer sa version des faits. Seul Fontaine l’a fait. Il a prétendu que ce n’était pas Bataille qui l’accompagnait le soir des événements, mais un dénommé Mick, un homme qui ressemblait étrangement à Bataille.

« M. Fontaine a offert un témoignage non fiable et non crédible. Lorsqu’il identifie son complice, il dit le connaître, mais ne peut donner aucun autre détail sur cette personne. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il a eu le contact pour aller collecter des gens pour une dette et que le Mick recevait une commission. Tout cela est invraisemblable », a résumé la juge Boillat.

Cette dernière a plutôt retenu les récits des deux témoins de ces infractions, dont la victime. Les deux personnes ont été en mesure d’identifier clairement Bataille à plusieurs occasions.

Malgré les coups reçus, la victime a pu apercevoir assez clairement son agresseur, au point où elle n’a eu aucune difficulté à l’identifier lors de la parade des suspects.

« Les deux témoins sont crédibles et fiables. Ils ont témoigné avec aplomb. La victime a décrit l’accusé avec des détails, comme le fait qu’il s’agissait d’un homme de couleur noire, grand, fort. Il a pu parler de la couleur des vêtements et de sa chevelure. La victime l’a identifiée à plusieurs occasions », a poursuivi la juge.

À la suite du verdict de culpabilité, Me Nicolas Gagnon, de l’Aide juridique, a suggéré une peine de deux ans moins un jour, précisant qu’il s’agissait du premier dossier avec violence de son client.
Me Sébastien Vallée, de la Couronne, a plutôt suggéré une sentence fédérale de 30 mois. Décision le 4 avril.