Me Charles Cantin a pris le temps de regarder l’imposant document des antécédents judiciaires de Guy Lapointe.

Libre malgré 86 pages d’antécédents judiciaires

Malgré 35 années de criminalité et 86 pages d’antécédents judiciaires à son dossier, le Chicoutimien Guy Lapointe a convaincu la juge Micheline Paradis de le remettre en liberté en attendant la suite des procédures judiciaires. Accusé de vol, il lui sera interdit d’aller dans les commerces, sauf à l’épicerie, une fois par semaine, pour y faire son marché.

Lapointe, un individu âgé de 54 ans, a été arrêté le 13 novembre après avoir été repéré sur des images vidéo du commerce Solotech, à Chicoutimi, au moment où il dérobe un mini-projecteur d’une valeur de 889 $ (plus les taxes).

L’homme au long passé criminel a été arrêté et incarcéré après avoir été accusé de vol simple et de bris de probation.

« Les images des caméras de surveillance du commerce sont claires. On y voit l’accusé mettre le mini-projecteur sous son manteau et sortir du commerce. Lorsque les policiers l’ont arrêté, à la suite de l’émission d’un mandat d’arrestation, il a avoué immédiatement que c’est lui qui avait commis le vol. Il a ajouté qu’il ne respectait pas les lois, car elles n’étaient pas respectables », a expliqué Me Michael Bourget, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Vendredi matin, Lapointe et son avocat, Me Charles Cantin, se sont présentés devant la juge de la Cour du Québec afin que l’accusé puisse recouvrer sa liberté.

À l’enquête caution, la mère de Lapointe est venue dire au tribunal qu’elle pourrait déposer une somme de 400 $ pour garantir que son fils respecterait ses conditions de remise en liberté et qu’il ne commettrait pas d’autres infractions criminelles.

Le criminaliste a fait savoir que c’est la première fois qu’il tenait une enquête de remise en liberté pour un vol simple et qu’il offrait, par le fait même, un dépôt de 400 $ à la cour pour une affaire de cette importance.

Me Bourget a précisé que l’enquête caution n’était pas futile en raison des nombreux antécédents de l’accusé en matière de vols.

« Dans ma décision, je me dois d’évaluer les probabilités que vous commettiez d’autres crimes durant votre liberté. Je me base sur le fait que la dernière fois que vous êtes passé ici remonte à avril 2016. Vous ne semblez avoir rien fait depuis », a indiqué la juge Paradis.

« Je vais vous remettre en liberté. J’espère que vous êtes conscient que si vous commettez une infraction, votre mère va perdre le 400 $ qu’elle met en dépôt. Et je ne pense pas que c’est vous qui allez la rembourser si cela devait se produire », a poursuivi la magistrate.

Lapointe a répondu qu’il était au courant des conséquences et a confirmé qu’il ne pourrait remettre la somme d’argent à sa mère.

Guy Lapointe devra demeurer chez lui de 21 h à 7 h, suivre les recommandations de la personne ressource au CLSC et ne pourra changer d’adresse sans l’approbation du tribunal.

« Il vous est interdit de vous rendre dans les commerces, sauf dans une épicerie, pour aller vous chercher à manger. Et ça se fera le samedi entre 9 h et 12 h », a ajouté la juge, afin d’éviter que l’envie lui reprenne de repartir avec des objets qui ne lui appartiennent pas.

Lourd passé

Le Chicoutimien est un habitué du palais de justice. Il le fréquente depuis 1983, date à laquelle il a reçu sa première sentence. Il avait commis un crime à 18 ans et a eu sa peine à 19 ans.

Depuis ce temps, Guy Lapointe a passé sa carrière à faire du temps en prison et à commettre des larcins quand il était en liberté.

À ses premiers pas dans le milieu criminel, le quinquagénaire faisait dans les vols de coffre-fort. Il a déjà écopé de peine de 34, 48 et 50 mois de détention au pénitencier pour des vols, introductions par effraction et séquestrations.

Il a déjà fait 66 jours pour trois vols simples et a écopé d’une amende de 600 $ pour une conduite avec les facultés affaiblies.

La juge Micheline Paradis a noté que l’accusé avait été plus calme depuis les 30 derniers mois. Elle ne pense pas que l’individu se soit assagi, mais croit plutôt que l’usure du temps avait peut-être fait son oeuvre, comme cela arrive à d’autres criminels endurcis.