Le juge de la Cour du Québec Paul Guimond s’est dit perplexe devant la demande de l’accusé, qui n’a jamais formulé le souhait de faire une thérapie avant d’être arrêté, malgré des problèmes de consommation qui durent depuis 10 ans.

Libérer Terrence Martel minerait la confiance du public

Terrence Martel, qui espérait pouvoir aller en thérapie en attente de procès, a vu sa demande être refusée par le juge Paul Guimond, jeudi matin. L’individu de 47 ans, qui affirme avoir de graves problèmes de consommation, fait face à 24 chefs d’accusation, notamment d’introduction par effraction, de voies de fait armées, de voies de fait graves et de possession non autorisée d’une arme prohibée. Il restera derrière les barreaux jusqu’à son procès.

Le juge Paul Guimond a estimé que les garanties n’étaient pas suffisantes pour permettre à l’accusé d’être libéré pour suivre une thérapie. L’avocat de Terrence Martel, Me Julien Boulianne, en avait fait la demande mardi, mais le juge Guimond avait préféré y réfléchir avant de prendre sa décision.

« Monsieur Martel bénéficie de la présomption d’innocence, certes. Mais il n’a jamais suivi de thérapie et formule ce souhait parce qu’il a été arrêté. Ça me laisse perplexe. Il fait face à de graves accusations avec risques de longues peines. Le libérer minerait la confiance du public envers la justice », a conclu le magistrat.

Terrence Martel a été arrêté à la suite d’une agression armée survenue dans une résidence de Saint-Fulgence, il y a une dizaine de jours. Martel est accusé d’avoir pénétré chez sa victime, un homme, par effraction et de l’avoir battu à coups de bâton de baseball en l’aspergeant de poivre de cayenne. La victime avait souffert de graves blessures, notamment à la tête.

Terrence Martel nie être l’auteur de cette agression, qui aurait été perpétrée pour une dette de drogue impayée. Il a d’ailleurs affirmé, dans sa déclaration faite aux policiers, qu’il était plutôt avec une femme ce soir-là.

Quoi qu’il en soit, l’homme de 47 ans espérait aller suivre une thérapie de trois mois pour venir à bout de ses problèmes de consommation. Durant son témoignage lors de son enquête sur remise en liberté, tenue mardi dernier, Terrence Martel expliquait être au bout du rouleau.

Il a dit consommer une trentaine de méthamphétamines par jour et entre trois à cinq grammes de cocaïne par semaine. L’homme a ajouté consommer quotidiennement depuis 10 ans.

Outre les chefs d’accusation liés aux événements de Saint-Fulgence, Terrence Martel est aussi accusé de harcèlement criminel, de possession de monnaie contrefaite, de manquement à un 810 (interdiction d’entrer en contact avec une personne qui craint pour sa vie), de menaces, de trafic de stupéfiants et de nombreux bris de conditions.

En tout, l’homme devra répondre à 24 chefs d’accusation. L’individu de 47 ans sera de retour devant la cour le 13 mars prochain.