L'avocat Jean-Marc Fradette

Libéré pour espérer garder son emploi chez Rio Tinto

Le criminaliste Jean-Marc Fradette a obtenu une audition d’urgence auprès des autorités carcérales afin de permettre à son client, Luc Blackburn, de bénéficier d’une libération conditionnelle plutôt que de perdre l’emploi qu’il occupe depuis 25 ans chez Rio Tinto.

La cause de l’individu a eu une oreille attentive auprès des autorités. Il sera libéré samedi (16 décembre). Par contre, au moment de mettre sous presse, les discussions se poursuivaient toujours entre Rio Tinto et le Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA) pour voir s’il pourra réintégrer ou non son poste.

Le 7 novembre dernier, Blackburn a été condamné à 90 jours de détention après avoir plaidé coupable à une troisième conduite avec les facultés affaiblies. En raison des difficultés à se déplacer jusqu’à la prison de Roberval les fins de semaine (étant donné qu’il n’a plus de permis de conduire), l’individu a opté pour une peine en continu plutôt que de purger la sentence les fins de semaine.

Croyant qu’il serait libéré au sixième de la peine ou un peu plus, l’individu utilise sa banque de congés auprès de la multinationale de l’aluminium pour le temps qu’il croyait passer en détention. 

Ses congés se terminaient le vendredi 15 décembre, mais les autorités carcérales n’ont prévu le libérer que le 6 janvier, au deux tiers de la peine.

Me Fradette s’est adressé au tribunal pour modifier les clauses de détention. La Cour du Québec a entendu les requêtes, mais étant donné que la peine avait été rendue, le juge ne pouvait renverser la situation.

« Rio Tinto a fait parvenir une lettre à mon client voulant qu’elle ne lui accordait pas de congé sans solde et que s’il n’était pas au boulot lundi, il perdait son travail, même si ça fait 25 ans qu’il est là », raconte Me Fradette.

« Je sais bien que personne ne va plaindre mon client, que les gens vont dire qu’il n’avait pas à boire et conduire, mais la question n’est pas là. Il n’est pas normal qu’il risque de perdre son emploi pour une question administrative », ajoute-t-il.

Car si le Code criminel canadien prévoit qu’un accusé peut changer sa peine en discontinue pour une en continu, le contraire ne peut se faire. 

« Devant cette situation, j’ai demandé une audition d’urgence aux autorités carcérales afin de libérer mon client qui a, de toute façon, purgé plus du sixième et même plus du tiers de la peine imposée par le tribunal. Je demande que ça puisse se faire pour des motifs humanitaires », a repris le criminaliste.

En fin d’après-midi, le bureau de Me Fradette a obtenu la confirmation que le détenu se trouvera en libération conditionnelle.

S’il risquait de perdre son emploi, il faut savoir qu’une clause de travail prévoit qu’un employé qui s’absente du travail plus de cinq jours (à l’exception des vacances ou de maladie) peut être congédié pour des raisons administratives.

« Nous avons tout mis en oeuvre pour que notre membre puisse écouler des congés afin d’éviter d’en arriver là », explique Donat Pearson, du SNEAA.

« Nous avons appris qu’il sera libéré de prison samedi. Nous sommes toujours en discussion avec la compagnie pour voir s’il peut revenir au travail », a-t-il ajouté.

Chez Rio Tinto, les responsables n’ont pas voulu commenter étant donné qu’il s’agit du dossier privé d’un employé.