Libéré pour compléter des contrats d’armoires

Le juge Michel Boudreault a pris la décision de libérer un multirécidiviste de la conduite pendant interdiction jusqu’à la fin du mois de janvier 2019, le temps que Daniel Tremblay finisse ses contrats d’armoires. Mais le magistrat a lancé un message clair. Pas question pour l’accusé de conduire, sinon la peine imposée en janvier s’annonce très sévère.

L’homme de 74 ans a plaidé coupable, jeudi matin, à une accusation d’avoir conduit alors que ça lui était interdit, brisant ainsi trois ordonnances en ce sens de la cour. Il avait été condamné en 2017 à 12 mois de détention pour avoir conduit avec les facultés affaiblies, lui qui n’en était pas à sa première offense.

Sorti de prison le 30 octobre 2017 et ayant une interdiction de conduire de cinq ans au-dessus de sa tête, il a été pris au volant le 23 octobre dernier. Mercredi, il a tenté d’obtenir sa remise en liberté, mais le juge Boudreault lui a refusé cette opportunité.

Me Jean-Marc Fradette, qui défend les intérêts de l’accusé, a annoncé au tribunal que l’homme voulait plaider coupable, mais qu’il avait une demande à faire au magistrat.

« Mon client voudrait pouvoir être remis en liberté le temps de finir ses contrats d’armoires, afin de respecter ses engagements envers ses clients. Il accepte d’être assigné à domicile et à son entreprise (côte à côte) 24 heures sur 24. Ça lui permettrait aussi de faire le nécessaire pour hiverner son entreprise », a expliqué Me Fradette.

« Mon client pourrait revenir à la fin du mois de janvier pour recevoir sa peine. Il est prêt à accepter toutes les conditions que vous allez imposer. C’est à lui d’y voir. S’il conduit pendant cette période, il sait à quoi s’attendre », poursuit le criminaliste.

À la Couronne, Me Marianne Girard ne voit pas les choses du même oeil. Elle aurait souhaité que la sentence tombe immédiatement, car l’homme venait de plaider coupable. Elle estime que le tribunal pourrait créer un précédent important en autorisant la demande.

« Ce qu’il nous dit est très sympathique, surtout que nous avons un bon monsieur devant nous. Mais il ne comprend pas et ne respecte pas les ordonnances. Il l’a prouvé. Monsieur l’a dit, il a pris une chance et a été malchanceux de se faire prendre. C’est quoi le message que l’on envoie à la société? Il doit faire face aux règles », soutient Me Girard.

Au final, le juge Boudreault a tranché et a autorisé la sortie de l’accusé en attendant la sentence, fixée au 29 janvier 2019.

« Je crois que le risque est assumable. Je n’ai aucune hésitation à vous permettre de sortir et l’avenir me dira si j’ai eu raison ou non. Mais je vais vous imposer des conditions très sévères et je vous recommande de les suivre. S’il y a quelque chose, j’en serai avisé à temps pour la sentence », indique le juge Boudreault.

Daniel Tremblay s’engage pour un montant de 30 000 $ (sans dépôt) et sa conjointe pour une somme de 2000 $ (sans dépôt).