Leurre informatique et pornographie juvénile: 43 mois et demi de pénitencier pour Sergerie

Mathieu Sergerie, un récidiviste du leurre informatique, écope d’une peine de 43 mois et demi de pénitencier pour avoir envoyé des photos de ses parties génitales à un enfant de moins de 16 ans et pour s’être fait passer pour un policier dans des discussions liées à la pornographie juvénile.

L’individu de 26 ans a reçu sa sentence lundi matin, après que Me Sébastien Vallée (Couronne) et Me Gitane Smith (défense) aient soumis une suggestion commune au juge Paul Guimond, de la Cour du Québec.

Sergerie avait plaidé coupable le 24 janvier au Palais de justice de Chicoutimi. Un rapport présentenciel, incluant un volet sexologique, avait été demandé. 

Les conclusions ne sont pas très favorables à cet homme qui demeurait sur le chemin de la Rivière, à La Baie. Le service de probation estime que le risque de récidive est de 25 pour cent d’ici les cinq prochaines années.

Incarcéré depuis novembre, le tribunal a retranché l’équivalent de sept mois et demi de détention à l’accusé, ce qui fait qu’il lui reste trois années de pénitencier à purger. 

Le tribunal recommande qu’il suive les recommandations des responsables du milieu carcéral.

Sergerie souhaite d’ailleurs suivre une thérapie pour venir à bout de sa problématique sexuelle, car il reconnaît avoir un problème important en cette matière. Un cheminement thérapeutique s’impose dans son cas.

Le juge Guimond souhaite d’ailleurs que l’individu suive des thérapies à l’intérieur des murs de la prison afin de venir à bout de sa problématique.

Sergerie a fait quatre victimes dans les chefs d’accusation de leurre informatique. Pour la pornographie juvénile, il a plaidé coupable à de la possession (deux images) et de la distribution, car il a écrit une lettre assez explicite (mais inventée) de ce qu’il faisait avec des enfants. Il a aussi plaidé coupable à de nombreux bris de probation.

De plus, afin d’asseoir sa supposée crédibilité, Sergerie a poussé l’audace jusqu’à enfiler des parties d’un uniforme de policier pour échanger avec des individus sur la sexualité auprès de mineurs.

Il était parvenu à se procurer un insigne d’un policier de la Sûreté du Québec lorsqu’il travaillait à l’entretien de véhicules de patrouille. 

L’homme utilisait ces équipements sur Internet afin de se faire passer pour un policier. Il avait réussi à filmer l’intérieur d’un véhicule patrouille et avait utilisé ces images sur les réseaux sociaux.

« Il a œuvré dans un garage et a utilisé ce travail pour se faire passer pour un policier. Il s’adressait à d’autres personnes et il cherchait à provoquer des rencontres avec ces gens », de préciser Me Vallée.

Pour sa part, l’avocate de Sergerie n’a pas caché que son client avait effectivement profité du fait qu’il effectuait de l’entretien mécanique sur des véhicules de patrouille pour en rajouter auprès des gens avec qui il échangeait.

« Monsieur est homosexuel, ce n’est pas une cachette. Il était parvenu à se refaire une autre vie. Il parlait à d’autres hommes sur Internet et se faisait passer pour un policier. Il a présenté des photos de lui en portant des parties d’uniforme de policier », résume Me Gitane Smith, de l’Aide juridique.

« Durant les conversations, il a dit avoir écrit un texte de ses relations avec des mineurs, une invention. Cela a mené à des accusations de possession et de distribution de pornographie juvénile », poursuit l’avocate de l’Aide juridique.

Leurre informatique

Par ailleurs, entre le 1er janvier et le 28 novembre 2017, Sergerie a utilisé Internet pour commettre du leurre informatique. 

Il a plaidé coupable après avoir fait quatre victimes. 

Il avait notamment fait parvenir une photographie de son appareil reproducteur à un enfant de moins de 16 ans.

« La peine est assez importante, mais il ne faut pas oublier qu’il y a tout de même 17 chefs d’accusation, dont certains contenaient des peines minimales variant de six à douze mois. Ça pouvait être des peines consécutives étant donné qu’il y avait trois blocs différents d’accusation et plusieurs victimes. Il s’agit d’une peine raisonnable dans les circonstances », note Me Smith.

« Mon client a fait quatre victimes. Il communiquait avec des jeunes de moins de 16 ans et leur parlait de sexualité. Il a aussi envoyé des photos explicites de lui-même », mentionne l’avocate en défense.

Du côté du ministère public, Me Vallée confirme que le dossier est assez complexe, car il y a eu trois blocs différents d’accusation.

« Il avait des communications par Internet auprès de jeunes afin d’obtenir des faveurs sexuelles. Une enquête s’en est suivie et lors de la perquisition, les policiers ont trouvé de la pornographie juvénile, sans oublier les bris de condition », a indiqué Me Vallée.

Mathieu Sergerie sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité. 

Chaque année, il devra faire le nécessaire pour inscrire et réinscrire son nom sur cette liste canadienne.

Il devra aussi fournir un échantillon d’ADN.

Et à sa sortie du pénitencier, il lui sera interdit, pour une période de cinq années, de se trouver à proximité d’un parc où on peut penser qu’il peut s’y trouver des enfants de moins de 16 ans, ne pourra occuper un emploi qui le placerait en relation de confiance, d’avoir des contacts avec des enfants de moins de 16 ans et d’utiliser Internet.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune des deux avocats dans le dossier de Mathieu Sergerie.