Les policiers de Québec invités à ne pas fumer du cannabis... même en congé

Le directeur du service de police de la Ville de Québec demande à ses agents de prendre «l’engagement moral» de ne jamais consommer de cannabis.

Le chef Robert Pigeon a fait cette requête lors d’un plénier tenu vendredi concernant la nouvelle réglementation municipale sur le cannabis.

Évidemment, la direction n’a aucun pouvoir légal de faire respecter cette consigne. Ainsi, aucun engagement écrit ne sera signé, il ne pourrait pas davantage y avoir des tests de dépistage pour savoir si un policier consomme ou non à l’extérieur de ses quarts de travail.

«Ce sont des citoyens à part entière. Il n’y aura aucune sanction. Ils ont le droit de fumer», explique M. Pigeon, réagissant à une question sur ce qu’il pourrait faire s’il apprenait qu’un policier consomme durant ses congés.

«C’est pour ça qu’on est dans un contexte d’engagement moral. Ce que j’aimerais, c’est qu’aucun policier ne commence à consommer du cannabis», insiste-t-il encore. Mais pourquoi, puisque la substance deviendra légale au Canada le 17 octobre? «Le cannabis est quelque chose qui n’est pas encore si bien connu que ça, allègue-t-il. Les outils de mesure et les recherches à cet effet-là ne sont pas si précis que ça.»

Le chef souhaite la réalisation d’études traitant des effets de la consommation du cannabis sur la capacité de jugement des utilisateurs, même un, deux ou trois jours après avoir consommé.
«Les policiers ont besoin de tout leur jugement pour prendre des décisions dans des contextes extrêmement ambigus. C’est ce que je leur demande [ne jamais consommer]. C’est ce que je souhaite pour eux. Je veux des policiers qui sont sécuritaires pour eux, pour leur collègue, pour la population. Je veux des policiers qui sont en santé.»

Plus encore, M. Pigeon précise que sa demande est en droite ligne avec ses propres valeurs, sans aller jusqu’à dire qu’il est «immoral» de consommer. «Je respecte le pouvoir politique, le pouvoir législatif. Un policier a besoin de toutes ses capacités», réitère-t-il.

Pas de chaos

Le directeur ne s’attend pas au chaos sur les routes le jour de la légalisation du cannabis.

«Un certain nombre conduit déjà avec les capacités affaiblies [par le cannabis], mais je ne crois pas qu’on va faire face à une grande vague de conduite avec les capacités affaiblies à partir du 17 octobre.»

Toutefois, M. Pigeon estime que les patrouilleurs auront à répondre à un nouveau type de plaintes, concernant les inconvénients que peuvent avoir les odeurs de cannabis auprès des personnes qui ne consomment pas. «On va avoir un peu de bon voisinage à gérer.»

Enfin, il dit se fier aux membres de son service pour faire appliquer la loi avec «discernement et jugement».