Steeve Marquis et son avocat, Me Louis Belliard, attendent patiemment la conclusion des délibérations du jury.

Les jurés adressent deux demandes au juge

À leur deuxième journée de délibération, les membres du jury n’ont toujours pas de consensus sur des verdicts de culpabilité ou d’acquittement sur les huit chefs d’accusation contre le Jonquiérois Steeve Marquis.

Au cours de la journée de jeudi, les 12 jurés ont adressé deux demandes au juge Louis Dionne, de la Cour supérieure du Québec, en lien avec certaines questions.

Le magistrat est entré dans la salle d’audience du Palais de justice de Chicoutimi une première fois à 9 h 45 pour aviser Me Jean-Sébastien Lebel (Couronne) et Me Louis Belliard (défense) de la première demande. 

« Les jurés veulent réentendre l’interrogatoire et le contre-interrogatoire de l’accusé, de la présumée victime et de sa mère, mais uniquement sur les événements du coup de manche à balai et du couteau lancé. Ils ne veulent pas réécouter l’ensemble des interrogatoires », a mentionné le magistrat.

Les deux procureurs ont accepté la demande du jury et ont travaillé conjointement avec le juge Dionne afin de retracer et faire ressortir les moments précis des interrogatoires de ces trois personnes. 

Une fois que le travail a été réalisé, tout a été gravé sur un CD et les jurés ont pu réécouter les questions et réponses en lien avec ces événements. 

« Il y a un travail à faire. Sinon, ils en ont pour deux journées de réécoute », a ajouté le juge Dionne.

Au final, les avocats ont passé environ une heure pour retrouver les passages touchant les deux épisodes visés et ensuite fournir le CD aux jurés. 

Infraction

Avant la pause du dîner, les 12 membres du jury ont adressé une seconde demande au magistrat. 

Ils avaient besoin d’éclaircissement en lien avec la définition d’infraction dans l’accusation d’introduction par effraction. 

Les jurés cherchaient aussi à connaître la configuration de l’immeuble à logement de la rue Saint-Jules et s’ils devaient considérer les deux portes pour déterminer l’introduction par effraction.

« Vous ne pouvez pas retrouver les notes sur la configuration de l’immeuble, car cela n’a pas été amené en preuve. Et comme la preuve est close de manière générale, vous ne pouvez y avoir droit. Vous devez faire avec ce que vous avez entre les mains », a indiqué le magistrat à l’intention des jurés.

« En ce qui concerne les explications sur l’effraction, il faut savoir que lors d’une introduction par effraction, l’individu doit avoir une intention de commettre un crime. Et il ne doit pas nécessairement avoir utilisé la force pour pénétrer dans une résidence. Le simple fait de ne pas y être invité ou de ne pas être le bienvenu constitue une introduction par effraction. À la condition qu’il y ait un dessein criminel », a rappelé le juge.

Dans le dossier de Steeve Marquis, si les jurés déterminent que l’accusé a été menaçant envers les présumées victimes la journée où il s’est présenté au logement de la rue Notre-Dame, ils doivent considérer qu’il y a eu introduction par effraction.

Huit chefs

Le Jonquiérois de 40 ans fait face à huit chefs d’accusation dans ce dossier de violence conjugale. Il est notamment accusé de voies de fait (il aurait poussé la dame contre un mur et l’aurait pris à la gorge), de voies de fait armées (il l’aurait frappé avec un manche à balai et lui aurait lancé un couteau) et de voies de fait causant des lésions (il lui aurait fracturé la mâchoire en la frappant).

Marquis est aussi accusé de menaces, d’introduction par effraction, d’entrave à la justice et de conduite avec les facultés affaiblies. 

Le client de Me Louis Belliard a déjà reconnu avoir commis un bris de condition de remise en liberté en parlant à la plaignante, ce qui lui était interdit.

Les délibérations du jury se poursuivront donc vendredi pour une troisième journée.