Environ 70 apprentis pilotes originaires de Chine suivent des cours de pilotage avec Cargair à Saint-Honoré.

Les élèves chinois de Cargair à Saint-Honoré atterrés

Les élèves chinois de l'école de pilotage Cargair, à l'aéroport de Saint-Honoré, sont sous le choc à la suite du décès d'un de leurs compatriotes vendredi. L'un d'eux, rencontré à la résidence de Chicoutimi-Nord qu'il partage avec une vingtaine de ses collègues, s'est dit profondément attristé d'avoir perdu un confrère à la suite d'une collision impliquant deux Cessna-152 dans le ciel de Saint-Bruno-de-Montarville.
Environ 70 apprentis pilotes originaires de Chine vivent à Saint-Honoré et à Chicoutimi depuis six mois. Ils sont à l'emploi de compagnies aériennes de l'Empire du Milieu qui les envoient au Québec pour apprendre leur futur métier. Le Progrès-Dimanche s'est entretenu avec l'un d'entre eux, samedi après-midi, sur la rue Riel, où Cargair a acheté une grande maison pour loger une vingtaine de jeunes pilotes. Nous avons discuté avec le jeune ressortissant chinois pendant une quinzaine de minutes. Il n'a pas voulu être nommé, évoquant le fait qu'il n'est pas autorisé à commenter les événements.
«Je suis vraiment triste et encore sous le choc. Le pilote qui est mort était une connaissance. J'ai étudié à l'université avec lui pendant un an à Pékin. C'est un bête accident. Ça aurait pu arriver à n'importe qui. Je pense à lui depuis hier», a déclaré le pilote de 20 ans, en anglais. Notre interlocuteur a confié que la victime avait le même âge que lui.
Pas de soutien
L'étudiant en pilotage a fait valoir que ni l'employeur chinois ni Cargair n'a encore offert de soutien au groupe d'étudiants du Saguenay.
«Nous allons probablement avoir des nouvelles en début de semaine et nous attendons les détails de l'enquête de Transports Canada. Pour l'instant, tout ce que l'on sait, on l'apprend par l'entremise des bulletins de nouvelles et sur Internet», a-t-il ajouté. À quelques maisons de là vivent des instructeurs en pilotage qui enseignent au groupe d'étudiants chinois à Saint-Honoré. Deux d'entre eux ont poliment accepté de nous parler, mais n'avaient pas grand-chose a dire de plus que ce qui a été relayé par la compagnie et par les médias.
Les activités suspendues à Saint-Honoré
La compagnie Cargair a temporairement suspendu ses activités à Saint-Honoré.
Propriétaire et présidente de l'entreprise, Josée Prud'Homme a indiqué, en matinée, que l'accident a des conséquences importantes au plan émotif pour «la grande famille de Cargair, autant le personnel que les étudiants». La direction prévoit la reprise des vols lundi après-midi.
«La victime était un ami d'étudiants à notre campus de Saint-Honoré et nous avons décidé de suspendre les activités pour le week-end. C'est quelque chose que l'on ne veut pas vivre, mais ce qui est arrivé est la définition pure d'un accident. C'était une journée de vol extraordinaire avec un ciel bleu et aucun vent», a indiqué la présidente, qui a assuré que tous les étudiants recevraient le support nécessaire. Une enquête du Bureau de la sécurité des transports permettra de faire la lumière sur les circonstances entourant la collision.