Les conditions routières médiocres et particulièrement les fermetures de tronçons ont provoqué des retards au Palais de justice de Chicoutimi.

Les détenus coincés dans la tempête

Les délais se sont prolongés toute la journée, vendredi, au Palais de justice de Chicoutimi, en raison des complications hivernales pour le transport des détenus depuis la prison de Roberval.

Plusieurs accusés en transit étaient attendus en matinée, mais à 11 h, le fourgon cellulaire n’avait toujours pas quitté le centre de détention. Les conditions routières au Lac-Saint-Jean étaient très difficiles. Les causes avaient déjà été suspendues une première fois, elles l’ont été encore jusqu’à 14 h, et même 15 h.

Les avocats de la défense ont pu rencontrer leurs clients en provenance de Roberval vers 14 h 20, et c’est finalement aux alentours de 15 h qu’une première détenue a pu comparaître devant le juge Pierre Simard, de la Chambre criminelle et pénale de la Cour du Québec. L’attente a valu la peine pour la dame accusée de fraude, qui avait omis de se présenter en cour en décembre, puisqu’elle a pu retrouver sa liberté.

L’emplacement de la prison à Roberval a été dénoncé maintes fois par les criminalistes saguenéens, qui s’inquiètent de la communication avec leurs clients et des nombreux transports. Vendredi, ils semblaient plutôt résignés.

La tempête a eu des impacts même pour ceux qui n’étaient pas encore emprisonnés. En matinée, le dossier d’un homme accusé de contacts sexuels et d’incitation à cet effet sur une personne de moins de 16 ans a dû être reporté à la semaine prochaine. Sa victime, devenue adulte, s’était même déplacée pour assister à l’audience. L’individu, qui est toujours en liberté, avait pourtant reconnu les faits et était prêt à en assumer les conséquences. 

« Il y a une suggestion commune de la défense et de la Couronne. De la détention va s’appliquer, mais il n’y a personne pour prendre en charge l’accusé en ce moment. Il est donc préférable de repousser. C’est arrivé la même chose pour un de mes clients », a expliqué Me Julien Boulianne, qui représentait son collègue Me Charles Cantin.

Plus tôt, le juge Pierre Simard a pu discuter avec un responsable de la prison qui avait bon espoir de pouvoir transporter les détenus à bon port au cours de la journée. « On m’a proposé de procéder par visioconférence, mais j’ai pensé que ça pourrait poser problème pour les avocats de la défense », a fait valoir le magistrat.

Représentant du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Sébastien Vallée était du même avis. « Ça peut être très pratique pour les procédures légères, mais c’est moins adapté quand il y a des besoins plus grands pour discuter en privé. »