Les propriétaires du bâtiment, Luc Simard et Nancy Landry, coopéraient avec les enquêteurs, dimanche après-midi.

L’épicerie de Saint-Thomas-Didyme rasée par le feu

Un incendie s’est déclenché dans la seule épicerie du village de Saint-Thomas-Didyme, samedi soir. Le commerce et trois logements ont été complètement rasés par les flammes.

Vers 21 h 30, la Sûreté du Québec a reçu un appel d’urgence. Une vingtaine de pompiers se sont rapidement déployés sur les lieux. Les résidants des logements ont été évacués, et il n’y a heureusement eu aucun blessé. Les dommages sont évalués à près d’un demi-million de dollars.

La cause de l’incendie est toujours inconnue. Des enquêteurs et des techniciens en scène d’incendie étaient sur place jusqu’à 15 heures, dimanche, lors du passage du Quotidien, pour continuer leur enquête. Ils étudiaient principalement le sous-sol du commerce. Les propriétaires, Nancy Landry et Luc Simard, collaboraient avec le service d’incendie, mais n’ont pas commenté l’incident.

L’incendie a ravagé la seule épicerie du village, et trois logements, dans la nuit de samedi à dimanche. Ils sont tous détruits totalement.

Plus d’épicerie dans le coin
Les gens du village doivent maintenant parcourir 15 kilomètres pour se rendre au commerce le plus près, situé à Normandin. Seul un dépanneur reste à la disponibilité des gens de Saint-Thomas-Didyme, où l’on y vend quelques éléments de base. L’épicerie était, selon plusieurs habitants, le coin de rassemblement du village. On y retrouvait un comptoir de la SAQ, un comptoir à café, des menus pour emporter et un coin déjeuner. C’était le seul restaurant du village, qui contient près de 700 habitants.

Le maire du village, Denis Tremblay, était très attristé par la nouvelle. Dans son entretien avec Le Quotidien, il a avoué qu’il ne pense pas revoir le commerce être reconstruit, s’il l’est, avant un long moment, en raison du nombre de démarches exhaustives qu’il y reste à faire par les enquêteurs et les propriétaires. Il a admis que c’était un coup dur pour le village. « Ce n’est pas juste les personnes de Saint-Thomas-Didyme qui sont touchées par cette perte, mais tous les villégiateurs qui passent par ici avant d’aller à leurs chalets et qui ne pourront plus s’approvisionner comme ils le faisaient auparavant. Nous sommes la porte vers le Nord », a commenté le maire. Il espère que le commerce sera reconstruit, et qu’une solution soit, en attendant, mise sur pied.

Le maire de Saint-Thomas-Didyme, Denis Tremblay, espère que l’épicerie sera reconstruite rapidement.

+ UN CHOC POUR LES HABITANTS

Une onde de choc s’est propagée parmi les habitants de Saint-Thomas-Didyme, au lendemain de l’incendie qui a ravagé la seule épicerie du village. L’établissement était bien plus qu’une simple source d’approvisionnement alimentaire, c’était pour plusieurs le lieu de rassemblement.

« Ça faisait partie de la façade du village, et aujourd’hui on ne le reconnaît plus », a laissé tomber Michelle Girard, qui habite juste en face du commerce, rencontré chez elle par Le Quotidien au lendemain de l’incendie. La résidante habite depuis sa jeunesse dans le village, tout comme sept de ses frères et sœurs. Après 60 ans à aller dans cette épicerie, elle était sous le choc.

Alors qu’elle rentrait chez elle, samedi soir, la dame a rapidement remarqué que des flammes sortaient de la porte de livraison de l’épicerie. Près de sa résidence, une grande partie du village s’est rassemblée. 

« C’était touchant, tout le monde était réuni, et il y avait des larmes », a révélé Mme Girard.

Même si l’épicerie est un lieu banal pour plusieurs, pour les habitants du village de Saint-Thomas-Didyme, c’est beaucoup plus. Les Didymiens n’avaient pas d’autre lieu pour se réunir, alors qu’il n’y a pas de restaurant ou de centre commercial dans le village. « C’était l’endroit pour se procurer un bon café, prendre un petit-déjeuner et faire son placotage », a admis la dame. 

Il y a déjà eu trois épiceries dans le village, mais deux avaient fermé à la suite de la décroissance de la population.

Inquiétudes

Alors que la population de Saint-Thomas-Didyme est vieillissante, la destruction de l’épicerie a créé un stress chez les habitants du village. De nombreuses personnes n’ont pas d’automobile et pourront difficilement parcourir la quinzaine de kilomètres qui séparent le village et Normandin, où se situe l’épicerie la plus proche. « Une automobile, ce n’est pas donné à tout le monde. Pour les gens qui n’en ont pas, ça sera beaucoup plus difficile », s’est-elle inquiétée. Elle espère, tout comme plusieurs de ses voisins, voir l’épicerie être reconstruite. 

« Je suis certaine nous allons nous entraider », a confirmé Michelle Girard. Elle effectuait déjà du covoiturage avec les membres de sa famille, et pense que pourrait se faire entre les membres du village.