Léopold Boies est enfermé depuis maintenant 28 mois et demeurera au pénitencier pour une longue période après avoir été déclaré délinquant dangereux.

Léopold Boies déclaré délinquant dangereux

Le Chicoutimien Léopold Boies est déclaré délinquant dangereux et envoyé au pénitencier pour un minimum de sept ans.
Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a rendu sa décision, jeudi après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi. Il estime que l'individu de 51 ans représente toujours un risque pour la société, qu'il a peu de chances de se réhabiliter et qu'il a commis des crimes graves et violents à répétition depuis les 30 dernières années.
Boies a été reconnu coupable de trois agressions sexuelles commises en août et septembre 2014, à des voies de fait avec lésions sur un agent correctionnel et de plusieurs bris de probation.
Les derniers événements reprochés au client de Me Luc Tourangeau ont notamment eu lieu un mois à peine après sa sortie de prison lorsqu'il a agressé sexuellement une femme en août 2014. Il l'avait embrassée, lui avait touché les seins et lui avait demandé une fellation. La dame, une pure inconnue, avait refusé.
Le 9 septembre 2014, Boies a suivi une autre femme dans les toilettes d'un café de la rue Racine, à Chicoutimi. Il est allé jusqu'à baisser son pantalon et à toucher sa vulve. Le lendemain, il s'est rendu à la chambre de la même victime au 21 Price afin de la violer.
En détention, il était désorganisé et avait jeté le contenu d'une poubelle au visage d'une agente correctionnelle. La dame avait avalé des excréments de Boies.
Décision du juge
Dans une décision de 14 pages, le juge Simard a précisé que le client de Me Luc Tourangeau passera un minimum de sept années derrière les barreaux. S'il se comporte correctement en détention, s'il fait des efforts de réhabilitation et suit des thérapies, il pourrait recouvrer une liberté. Sinon, la détention ne sera que plus longue.
Dans sa décision, le magistrat n'a pas retenu les prétentions de la défense à l'effet que Boies aurait pu être déclaré délinquant à contrôler seulement. Il a plutôt penché du côté de Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Pour baser sa décision, le juge retient que Léopold Boies a entrepris sa carrière de criminel dès l'âge de 21 ans, qu'il a accumulé les peines au fil des années et qu'il a commis plusieurs crimes avec violence.
«Il n'y a rien dans la preuve qui permette d'espérer une collaboration quelconque de Léopold Boies. Systématiquement, et ce, depuis qu'il a commencé à recevoir des peines, il a toujours refusé ou ignoré les services qui lui étaient offerts. Les quelques fois où il a manifesté son désir de recourir à des thérapies, cela a été suivi de changements d'idées ou d'abandons», exprime le juge Simard.
«Jamais dans le passé, Léopold Boies n'a été persistant dans ses bonnes intentions. Il ne m'est pas possible de penser qu'aujourd'hui il changerait. Dans ces circonstances, il ne m'est pas possible de croire Léopold Boies lorsqu'il se dit volontaire à se prêter aux mesures de contrôle qui sont proposées», a poursuivi le magistrat.
À la sortie du tribunal, Me Nicole Ouellet s'est dite satisfaite de la décision.
«Le juge a bien évalué l'ensemble de la preuve que nous lui avons soumise. Je pense qu'il a rendu la bonne décision dans ce dossier», note-t-elle.
Pour sa part, Me Tourangeau convient que le tribunal a retenu la preuve de la Couronne.
«Nous prétendions que monsieur pouvait être déclaré délinquant à contrôler, qu'il aurait pu suivre des thérapies et que des interventions auraient pu être faites auprès de lui.»
Quant au fait que Léopold Boies a laissé voir clairement qu'il avait l'intention d'aller en appel de cette décision, le criminaliste entend discuter du dossier avec son client.