Me Jean-Marc Fradette songe à demander la tenue d’une enquête préliminaire pour sa cliente accusée d’avoir participé aux agressions sexuelles de son conjoint sur sa propre fille.

L’enquête a pu être relancée

De nouveaux témoignages et de nouveaux éléments de preuve ont permis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de déposer des accusations d’agressions sexuelles, de complicité et d’encouragement contre la femme de l’homme qui a fait cinq enfants à sa belle-fille.

Du moins, c’est ce que laisse voir le criminaliste Jean-Marc Fradette, qui représentera cette mère de famille dans la suite des procédures criminelles.

Il faut se souvenir que le 23 décembre 2016, le conjoint de l’accusée a été condamné à six années de pénitencier pour des agressions sexuelles sur une mineure. Il avait notamment fait cinq enfants à la fille de sa conjointe.

L’homme, dont l’identité ne peut être dévoilée afin de protéger celle des victimes, a abusé sexuellement de la jeune fille dès qu’elle a eu l’âge de 13 ans. Il lui a fait un premier enfant alors qu’elle n’avait que 17 ans et lui en a fait quatre autres par la suite.

Le dévoilement de cette sordide affaire avait soulevé l’ire de la population régionale, qui n’en croyait pas ses oreilles d’entendre pareille horreur racontée à la cour.

Mais en plus, plusieurs personnes s’interrogeaient pour connaître les raisons qui faisaient que la conjointe, la mère de la victime, n’avait pas été accusée, elle qui devait en toute logique être au courant de ces actes disgracieux. 

Près d’une année après la peine imposée à l’homme qu’elle aimait (avait-elle déclaré), voilà que le DPCP dépose des accusations contre la femme d’une cinquantaine d’années.

« Les enquêteurs ont eu de nouvelles informations de la part de la victime et ont décidé d’enquêter à nouveau. Ils ont pu avoir la confirmation que l’accusée était au courant des actes commis contre sa fille et qu’en plus elle y a participé. Lors de certaines agressions, ma cliente était là », raconte Me Fradette.

Ces informations ont été corroborées par la soeur du beau-père, qui a dit que la dame était au courant des relations sexuelles avec la victime. D’ailleurs, cette même soeur a porté plainte contre son frère pour des relations sexuelles non consenties et de viol. Les accusations ont été déposées.

« Ma cliente a plaidé non coupable aux accusations d’agressions sexuelles, d’encouragement et de complicité. Pour le moment, elle ne veut pas plaider coupable », précise Me Fradette.

Le dossier a été remis au 13 février pour la forme et en même temps que le retour des chefs d’accusation de son conjoint.

Le criminaliste pourrait alors demander la tenue d’une enquête préliminaire afin de mieux connaître toute la preuve accumulée contre sa cliente.

En santé?

Sans vouloir présumer de quoi que ce soit, la femme accusée est apparue au Palais de justice de Chicoutimi mardi matin en bonne santé. Du moins en apparence.

Il faut se souvenir qu’à chacune des visites de son conjoint au palais de justice pour le plaidoyer de culpabilité ou encore pour les représentations sur sentence, la dame portait un masque et se déplaçait en marchette.

Mardi matin, rien de tout cela. Elle ne semblait pas avoir de difficulté à marcher et à se déplacer et ne pensait pas refiler un virus à qui que ce soit.

Ces éléments peuvent paraître anodins, mais la dame avait fait valoir au tribunal qu’elle ne pouvait être séparée de son mari étant donné qu’elle était malade et que son état requérait des soins.

Une année plus tard, les symptômes de la maladie ne semblent plus apparents.