Le voleur veut poursuivre sa victime

Le voleur d’une camionnette Silverado entend poursuivre sa victime qui lui aurait «vendu» un véhicule en mauvais état. Le Baieriverain Patrick Simard a refusé, vendredi, de signer un papier afin de redonner le camion à son propriétaire d’origine, obligeant le tribunal à émettre une ordonnance afin que l’homme floué puisse récupérer son bien.

Cette histoire particulière s’est déroulée vendredi au Palais de justice de Chicoutimi. Simard, un individu de 35 ans, a acheté le camion auprès de la victime. Il a ensuite obtenu une plaque d’immatriculation, ayant été en mesure de fournir les papiers démontrant qu’il en était le propriétaire.

Le problème, c’est que Simard n’a jamais payé le vendeur. L’homme a porté plainte au Service de police de Saguenay (SPS) et Simard a été accusé de fraude et de vol. Il a même plaidé coupable à ces accusations et à de nombreuses autres infractions criminelles. Il devait recevoir sa sentence dans une quarantaine de dossiers et plus de 50 chefs d’accusation pour des vols, des fraudes, des bris et des entraves au travail des policiers.

La victime de cette fraude est venue expliquer au juge Daoust qu’il ne pouvait récupérer et immatriculer son véhicule auprès de la Société d’assurance-automobile du Québec (SAAQ) étant donné qu’il était toujours au nom de Simard.

Le tribunal demandait donc l’autorisation du voleur de restituer le bien à sa victime en signant un document.

«Il n’en est pas question. Je ne signerai absolument rien. J’ai obtenu un camion en mauvais état. Le différentiel, la direction du véhicule, les amortisseurs, tout était fini. Je ne signerai rien», a indiqué Patrick Simard, qui est incarcéré pour de nombreuses infractions.

«J’ai même l’intention de poursuivre le vendeur du camion au civil, parce que j’ai mis beaucoup d’argent sur ce véhicule», a plaidé l’accusé.

Me Sébastien Vallée, de la Couronne, a pourtant signifié que Simard avait plaidé coupable à un vol et une fraude, mais l’accusé a immédiatement fait savoir qu’il entendait être relevé de ses plaidoyers de culpabilité.

«Au fait, je n’ai pas besoin de votre signature ou de votre approbation. Je vais émettre une ordonnance de la cour permettant à la SAAQ de remettre les papiers et la plaque d’immatriculation à la victime dans cette affaire», a indiqué le juge Daoust.

Dossiers

Par ailleurs, Simard, dont les intérêts sont représentés par Me Charles Cantin, devait plaider coupable dans huit autres dossiers en provenance d’un autre district judiciaire.

L’individu de 35 ans a refusé de le faire, obligeant le tribunal à retourner les dossiers dans le district d’origine.

Le dossier a été remis à la fin du mois de février pour le dépôt de la requête pour le retrait des plaidoyers de culpabilité.