Un peu plus de 18 ans après avoir tué deux hommes à Chicoutimi, Michel Fortin est autorisé à remettre les pieds dans la ville.

Le tueur de La Traverse peut revenir dans la région

L’auteur du double meurtre au bar La Traverse, à Chicoutimi, Michel Fortin, obtient une liberté provisoire élargie. Il lui est maintenant permis de revenir au Saguenay-Lac-Saint-Jean et il n’a plus besoin de fournir l’état de ses finances.

Deux commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) en sont venus à cette conclusion après avoir entendu les suggestions de l’équipe de gestion de cas (ÉGC), selon un document de la commission obtenue par Le Quotidien.

Fortin, aujourd’hui âgé de 48 ans, bénéficie d’un élargissement de ses conditions et sa liberté provisoire est prolongée à nouveau pour une période de six mois, soit jusqu’au 17 juin 2018. 

Dans la nuit du 14 au 15 octobre 1999, Fortin se trouve dans le débit de boisson de la rue Racine lorsqu’une querelle éclate avec deux autres clients. 

N’appréciant pas la situation, Fortin, qui agit comme concierge au bar La Traverse, retourne à son logement situé en haut du bar et il s’empare de son arme à feu.

Il redescend au bar et tire en direction d’André Simard et Stéphane Murray, les tuant sur le coup. Fortin, qui était intoxiqué par l’alcool, blesse aussi deux clientes qui se trouvaient tout près.

Le 10 mai 2000, Fortin a plaidé coupable à des accusations de meurtre au deuxième degré et a été condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Parmi les conditions de remise en liberté, Fortin ne peut consommer d’alcool ni de drogue ni se trouver en présence de travailleuses du sexe. La commission retient que le soir des événements, Fortin était en boisson et qu’il a présenté un problème de consommation de drogue. L’accusé a dépensé beaucoup d’argent auprès de travailleuses du sexe

« La Commission vous prévient que vous avez la responsabilité d’éviter tout comportement ou toute ingestion de produits ayant pour effet d’altérer ou de masquer le résultat des analyses d’urine », écrit-on dans le document de la CLCC.

« Étant donné que des contacts avec les victimes ou les familles des victimes pourraient ramener à la surface des souvenirs et des sentiments, notamment la colère, et afin d’éviter ces situations qui pourraient avoir un impact sur votre risque de récidive, il vous sera interdit de communiquer directement ou indirectement avec les victimes et tout membre de leur famille, sauf à leur demande et avec l’autorisation écrite de votre surveillant de libération conditionnelle », poursuivent les commissaires.

Semi-liberté

Michel Fortin a profité d’une première permission de sortir et d’une semi-liberté sans escorte en 2011. Celle-ci avait été révoquée en 2013 à la suite de son arrestation dans un « crack house ». La libération conditionnelle avait aussi appris que le meurtrier avait sorti ses économies afin de se payer les services de prostituées.

Durant les trois années de son retour en détention, le discours de non-responsabilité a entraîné plusieurs refus de remise en liberté pour Fortin, qui a malgré tout réussi à rebâtir sa crédibilité et s’est repris en main.

Et en mars 2016, Fortin a bénéficié d’une deuxième remise en liberté. Celle-ci fut de très courte durée, car deux mois plus tard, la libération était à nouveau suspendue en raison de mauvais choix et au non-respect des consignes, au point où le risque n’était plus assumable.

Au 1er septembre 2016, la CLCC a autorisé Fortin à ravoir une liberté conditionnelle, permission qui a été renouvelée en novembre 2016 et en mai 2017.

Michel Fortin a vécu une période de solitude, au cours des derniers mois, au point où l’ennui le faisait souffrir. Il ne voulait même plus se lever le matin.

Mais le fait que Fortin se soit trouvé un emploi a semblé lui donner un souffle nouveau et une motivation à réussir sa réinsertion sociale. 

« Ce nouvel emploi a augmenté votre espoir d’y arriver », précise-t-on.

Michel Fortin a entrepris sa carrière de criminel en 1988 avec des tentatives d’introduction par effraction et de possession d’armes à feu à utilisation restreinte.