Gabriel Leblanc n'a pas réussi à convaincre le tribunal de le sortir de prison.

Le tribunal a perdu confiance en Gabriel Leblanc

Le Jonquiérois Gabriel Leblanc demeure incarcéré. Ses larmes, sa volonté d'arrêter de consommer des stupéfiants par lui-même et ses regrets n'auront pas été suffisants pour que le tribunal lui accorde une remise en liberté. La confiance n'est plus là.
Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a refusé la demande de l'accusé en raison de garanties insuffisantes et de la possibilité qu'il ne soit pas présent à la cour lorsque cela sera nécessaire.
L'individu de 26 ans de la rue Sainte-Famille à Chicoutimi a été arrêté le 21 août après avoir menacé de mort son père et d'avoir pointé des couteaux en sa direction. 
L'événement a créé un certain émoi dans les logements de la rue Sainte-Famille, à Jonquière, au point où un voisin a demandé à Leblanc de refermer son couteau avant d'appeler les policiers de la Sécurité publique de Saguenay.
Lorsque les patrouilleurs sont arrivés sur place, ils ont trouvé un homme désorganisé, qui leur disait de le tirer.
« Les policiers ont dû sortir leur arme, car ils pouvaient penser qu'il était armé. Lorsqu'il a vu les agents, il a levé les bras dans les airs et leur a dit de le tirer. Il avait de l'écume au coin de la bouche et avait les cheveux mouillés par la sueur », a expliqué Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Me Marie-Ève St-Cyr, en défense, a fait entendre son client en lui précisant qu'il ne devait pas parler des faits de la cause, car il s'exposait à se faire poser des questions par la Couronne.
Leblanc n'a pas écouté les conseils de son avocate et a accusé son père de le maltraiter et de lui faire la vie dure.
« Il a arrêté de boire depuis quelques mois et c'est difficile. Il s'en prend à moi parce que je consomme quelques joints et que je prends des peanuts (métamphétamines) à l'occasion. Mais je n'aurais jamais piqué mon père. Je ne lui ferais pas de mal. »
« Je regrette mes actes. Mais je ne veux pas aller en prison, m'emmurer. Je vais arrêter de consommer. Je l'ai fait depuis quatre jours. Je suis capable. Je ne veux pas de thérapie », a précisé Leblanc, qui a fourni une adresse à Verdun.
Lors de l'exposé des faits, Gabriel Leblanc a fait de nombreux signes de tête pour dire que la version des policiers n'était pas vraie, pas plus que celle du voisin. Il a ajouté qu'il n'avait pas quatre couteaux en sa possession, mais uniquement trois.
Le juge Boudreault n'a pas eu besoin d'entendre les arguments de Me Inkel pour rendre sa décision. Il a rejeté du revers de la main les faibles garanties fournies par la défense.
« Votre détention est justifiée par le fait que je dois assurer votre présence au tribunal et que l'adresse fournie n'est pas convaincante. Vous croyez que vos amis vont vous accueillir, mais vous n'avez pas vérifié. L'autre point, je suis persuadé que si je vous remets en liberté, vous allez commettre une infraction criminelle, car vous avouez fumer un joint en vous levant le matin », a ainsi justifié le magistrat.
Leblanc est reparti vers le bloc cellulaire en pleurant et en disant qu'il était pour tout perdre. Son procès devrait avoir lieu le 28 août.