Alexandre Côté-Jennis a entendu un chauffeur de taxi lui raconter qu’un vol venait d’être commis et décrire le suspect, alors qu’il savait qu’il en était l’auteur.

Le présumé voleur envoyé en thérapie

Présumé auteur de huit vols ou tentatives de vols qualifiés à la pointe d’un couteau, Alexandre Côté-Jennis n’a jamais menacé les commis. Après avoir vidé la caisse, il a présenté ses excuses en quittant.

Me Olivier Théorêt, de l’Aide juridique, et Me Nicole Ouellet, de la Couronne, ont procédé à l’enquête de remise en liberté du jeune homme de 25 ans devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec.

Le magistrat a accepté de remettre Côté-Jennis en liberté afin qu’il puisse s’investir dans une thérapie fermée de six mois pour venir à bout de sa problématique de consommation de cocaïne, de violence et de santé mentale.

L’individu de la rue de la Colline, à Chicoutimi, a été arrêté le 4 avril après avoir commis deux vols qualifiés dans l’après-midi, avant de renoncer à en faire un troisième. Entre mai 2017 et avril 2018, il a effectué huit vols qualifiés en portant une cagoule. 

Sans antécédents judiciaires, l’accusé dit vouloir reprendre sa vie en main. S’il a commis des vols à main armée, c’est pour régler une dette de drogue qu’il a envers le crime organisé dans la région de Granby.

« En mai dernier, en revenant de l’épicerie, deux individus m’attendaient sur le balcon de mon appartement. Ils m’ont fait savoir que je leur devais encore 3000 $. J’ai réussi à baisser ma dette à 1000 $ avec l’argent obtenu dans les vols. Je sais aussi que je vais encore avoir cette dette à la fin de ma thérapie, mais je vais travailler pour la rembourser », a témoigné le jeune homme.

« Tout ce que je voulais, c’était l’argent. Je ne voulais pas blesser qui que ce soit et je me disais que les commerces étaient assurés contre les vols », a déclaré Côté-Jennis aux policiers.

Il sortait de chez lui uniquement pour faire les vols.

L’accusé a commis un premier délit à l’Épicerie Gagnon, sur la rue Jacques-Cartier à Chicoutimi, le 18 mai 2017. Il a dérobé de 300 $ à 400 $.

Après une accalmie de quelques mois, Côté-Jennis a récidivé, en novembre, au même commerce, son lieu de prédilection, a-t-il dit, pour repartir avec 575 $. En janvier, il a tenté d’y retourner, mais la propriétaire l’a fait fuir en disant que la police avait été avisée.

En mars, il est entré à la Tabagie 500, mais a renoncé au vol étant donné qu’il y avait deux personnes à l’intérieur. 

Un peu plus tard, il a fait main basse sur 600 $ au Ultramar de Chicoutimi.

Cinq jours plus tard, l’accusé a volé 300 $ à la Boulangerie Chicoutimi-Nord de la rue Racine.

Cette même journée, les policiers venaient d’avoir de l’information sur l’identité du cambrioleur. Sa mère l’avait reconnu et l’avait dénoncé. 

Ils ont voulu l’arrêter chez lui, mais il n’y était pas, car il commettait en même temps un vol qualifié à la succursale de la SAQ de la rue Racine, d’où il est reparti avec 75 $.

« Le vol a été signalé et le hasard a voulu que les membres des projets spéciaux de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) se trouvassent dans le secteur. Ils ont aperçu le suspect qui se dirigeait vers le Marché centre-ville. Ils l’ont vu entrer et mettre sa cagoule, mais l’accusé est ressorti en voyant qu’il y avait beaucoup de monde à l’intérieur », a expliqué Me Nicole Ouellet.

En sortant du commerce, les policiers l’attendaient.

« J’ai vu quelqu’un pointer son arme en ma direction. Il ne s’est pas identifié comme policier. J’ai gelé et en me retournant, deux autres policiers se sont jetés sur moi. Ils se sont tous identifiés ensuite. »

« Je n’avais pas l’intention de résister ou de m’enfuir. J’ai immédiatement collaboré avec les agents et j’ai fait une longue déclaration », a indiqué Côté-Jennis. 


« Tout ce que je voulais, c’était l’argent. Je ne voulais pas blesser qui que ce soit et je me disais que les commerces étaient assurés contre les vols. »
Alexandre Côté-Jeannis, l’accusé

Thérapie

En défense, Me Théorêt demeure convaincu que la thérapie peut grandement contribuer à la réhabilitation de l’accusé.

« Les crimes sont graves. La peine maximale est la perpétuité. Même si mon client a sorti un couteau, il n’a jamais utilisé la violence. »

« Il n’a pas pointé le couteau en direction des victimes. Je demeure convaincu qu’il peut faire autre chose que des vols, car il a déjà travaillé dans le passé », note Me Théorêt.