Karl-Emmanuel Villeneuve a repris le chemin de la prison de Roberval, le temps que le juge Carl Thibeault prenne sa décision sur sa remise en liberté ou non.

Le présumé meurtrier Karl-Emmanuel Villeneuve sera fixé vendredi

Le juge Carl Thibeault, de la Cour supérieure du Québec, déterminera vendredi si Karl-Emmanuel Villeneuve peut recouvrer sa liberté en attente de son procès pour le meurtre prémédité d’Alexandre Larouche.

Après une première journée (mercredi) à faire entendre les nouveaux faits, amenés par Me Jean-Marc Fradette, en défense, et les arguments de Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), le magistrat a écouté les plaidoiries des deux procureurs.

Villeneuve est accusé d’avoir assassiné Alexandre Larouche dans une résidence de la rue Johanna, à Chicoutimi-Nord, le 29 juillet 2018.

Le client de Me Fradette n’a été arrêté que plusieurs jours plus tard et n’a été accusé de meurtre au premier degré que plusieurs semaines après son incarcération.

Déclaré inapte à comparaître une première fois en août 2018, il est redevenu apte au milieu du mois de septembre. Détenu à la prison de Roberval, il s’est désorganisé et a été déclaré inapte à nouveau en février 2019, avant de redevenir apte en juin.

Villeneuve a eu droit à une première enquête de remise en liberté en novembre 2018 et le juge Raymond W. Pronovost, de la Cour supérieure du Québec, a décidé de le garder sous les verrous en janvier 2019.

Depuis jeudi, l’accusé tente à nouveau de sortir de détention. Son avocat dit avoir amené de nouveaux faits afin de justifier une révision de la décision du juge Pronovost.

Les médias ne peuvent rapporter les propos tenus au tribunal ni aborder les faits nouveaux ou les éléments de la preuve en raison d’une ordonnance de non-publication.

Le magistrat s’est interrogé sur la dangerosité de l’accusé et la confiance du public envers le système judiciaire si jamais il acquiesçait à la demande de la défense.

Dans son exposé, Me Fradette a tenté de démontrer au juge Thibeault qu’advenant le cas où son client soit remis en liberté, il ne se retrouverait pas libre comme l’air dans la société.

« Nous allons nous assurer que mon client bénéficiera d’un encadrement serré en attente du procès et nous croyons qu’un public bien informé pourrait comprendre la décision de la cour », de dire Me Fradette.

Me Paré ne voit pas les choses du même œil et n’a pas noté de véritables faits nouveaux de la part de son confrère.

« Je ne vois pas comment l’accusé pourrait avoir un meilleur encadrement que celui obtenu en détention. Sur les faits nouveaux, il n’y en a pas quant à moi. »

Le ministère public laisse entendre que la défense ne peut pas présenter une seconde solution similaire à la première.

« Nous ne sommes pas au golf, où l’on joue selon la formule deux balles meilleure balle », a-t-elle lancé.

Me Paré a conclu que le tribunal devait garder Karl-Emmanuel Villeneuve en détention en attente de la suite des procédures judiciaires afin d’assurer la sécurité du public et de ne pas miner la confiance du public envers la justice.

S’il devait être reconnu coupable au terme d’un procès devant un juge et 12 jurés, Villeneuve serait condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 25 ans étant donné que le jeune homme de 21 ans est accusé de meurtre au premier degré.