Jérémie Perron demeure derrière les barreaux pour la suite des procédures judiciaires, car le tribunal a conclu que la confiance du public pourrait être minée advenant sa remise en liberté.

Le présumé agresseur Jérémie Perron demeure incarcéré

Jérémie Perron, celui qui aurait agressé sexuellement une adolescente à Kénogami en juillet 2018, demeure incarcéré. Le tribunal a rejeté, jeudi, sa demande de remise en liberté. Face à cette décision, une enquête préliminaire pourrait bientôt être demandée.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a pris une trentaine de minutes pour lire sa décision de 12 pages où il a notamment dit que la confiance du public envers le système de justice pourrait être minée s’il remettait l’accusé en liberté pour la suite des procédures judiciaires.

Perron, qui a eu 26 ans le 9 février, est accusé d’introduction par effraction, d’agression sexuelle et d’avoir été déguisé avec des lunettes de ski, une cagoule et un cache-cou lors de la perpétration du crime le 15 juillet dernier.

Une ordonnance de non-publication empêche les médias de révéler les motifs de la décision du magistrat, mais celle-ci n’empêche pas de relater la preuve qui a été soumise au tribunal mercredi.

Selon la preuve, Perron a lui-même essuyé le vomi de sa victime, dans lequel se trouvait son sperme. Cet élément est un fait important dans la preuve de la Couronne. Son ADN l’a trahi. Il a même envoyé un texto à un ami pour qu’il confirme qu’ils étaient ensemble le soir des événements. Le crime est passible de la prison à perpétuité.

Dans sa décision, le magistrat ne devait analyser que le paragraphe C de l’article 515,10, soit la confiance du public envers le système de justice. Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), ne contestait pas les paragraphes A et B, c’est-à-dire qu’elle ne craignait pas que l’accusé fuie la justice et ne se présente pas au tribunal lorsque requis et qu’il ne constituait pas une menace pour la sécurité du public.

Le tribunal devait donc analyser trois éléments, soit si l’accusation paraissait fondée, les circonstances entourant la perpétration du crime et le fait que le prévenu encourt, en cas de condamnation, une longue peine d’emprisonnement. Le juge devait également voir si la détention demeurait nécessaire pour ne pas miner la confiance du public envers l’administration de la justice.

« En analysant le dossier, j’estime que la détention est nécessaire et s’impose dans ce cas. J’ordonne aussi que l’accusé ne communique ni avec la victime ni avec les membres de sa famille », a ajouté le juge Boudreault.

Satisfaction

Me Nicole Ouellet, de la Couronne, était satisfaite de la décision du tribunal de garder Perron derrière les barreaux.

« On considère que le juge a bien évalué l’ensemble de la preuve qui lui a été soumise et qu’il se soit bien dirigé en droit. Nous sommes bien satisfaits que le juge ait décidé de le garder en détention », mentionne Me Ouellet.

« Les accusations sont graves. On parle d’un événement qui a laissé des séquelles importantes », précise la procureure de la Couronne.

En défense, Me Nicolas Gagnon prend acte de la décision du tribunal et analysera dans les semaines à venir s’il est possible ou non d’aller en appel.

« Je ne ferme aucune porte. Pour la suite, avec un client détenu, il y a une pression d’agir rapidement. Je ne promets pas un règlement rapide ou un procès, mais je promets que je vais mener à terme une défense vigoureuse de M. Perron. Je vais tout revoir de A à Z. C’est clair qu’une preuve scientifique de la poursuite milite pour une contre-expertise scientifique de la défense. À ce stade-ci, je vais probablement fixer une date d’enquête préliminaire lors du prochain passage le 29 mars », indique l’avocat de l’Aide juridique.

« En ce qui concerne la décision, le juge a analysé la preuve dans son ensemble et a conclu qu’un public bien informé considérerait que la gravité du crime est telle que le public serait ébranlé par la possibilité qu’une personne comme l’accusé soit remise en liberté. Nous ne sommes pas d’accord, car la défense avait soumis des garanties restrictives et taillées pour répondre aux besoins de la société. Mais nous allons nous soumettre à la décision », indique Me Gagnon.