Bernard Gaudreault vit maintenant à Montréal, loin de l’endroit où il aurait agressé sexuellement de jeunes enfants, soit à Saint-Honoré.

Le plaidoyer de culpabilité reporté

L’ex-chauffeur d’autobus scolaire de Saint-Honoré Bernard Gaudreault devrait devancer ses plaidoyers de culpabilité pour ne pas prolonger davantage le calvaire de ses présumées victimes.

L’individu de 55 ans aurait agressé sexuellement six enfants entre 1998 et 2018. Il fait face à 13 chefs d’accusation.

En décembre dernier, il a annoncé, par la voix de son avocat, Me Jean-Marc Fradette, qu’il pourrait enregistrer des plaidoyers de culpabilité. L’affaire avait été fixée au 22 février, mais vendredi matin, Me Fradette, qui ne pouvait être présent, a fait valoir qu’il voulait reporter les dossiers en mai prochain et prendre une décision finale sur l’issue de cette affaire.

Me Sébastien Vallée, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), s’y est opposé, demandant que les intentions de la défense soient connues rapidement afin de ne pas prolonger inutilement ce calvaire pour les présumées victimes et leurs proches.

« Quelques-unes des personnes touchées par cette histoire se sont encore une fois déplacées ce matin pour suivre l’évolution du dossier. Elles viennent ici sur une base volontaire. Je n’ai pas envoyé de subpoena (obligation à être au tribunal), car je croyais que l’on devait être fixés sur les plaidoyers », a plaidé Me Vallée. « Et là, on nous mentionne que l’on prendra une orientation finale en mai. En tenant compte que l’accusé pourrait alors plaider coupable et qu’un rapport présentenciel, avec volet sexologique, sera demandé, ça va repousser les plaidoiries sur la peine à beaucoup plus tard. Ça commence à être loin pour les victimes », a ajouté Me Vallée.

Le procureur de la Couronne aimerait bien donner l’heure juste aux victimes de Gaudreault.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a placé le dossier au 1er mars afin de connaître la position de Me Fradette.

Questionné sur la décision du tribunal de ne pas attendre à mai pour prendre la position finale, Me Fradette s’explique mal que l’on ne puisse repousser un dossier où son client a véritablement l’intention de plaider coupable.

« Lorsqu’un accusé prend la peine, dès le départ, d’indiquer qu’il ne contestera pas la plupart des chefs d’accusation, qu’il entreprend une thérapie avant même le règlement du dossier et qu’il souhaite pouvoir déposer un rapport pour confirmer ses efforts et que cela est souhaitable autant pour la justice et les plaignants, on devrait le considérer. »

« Quand les accusés plaident non coupables, les plaignants sont malheureux qu’il y ait un procès. Lorsqu’il annonce qu’il va plaider coupable, ce n’est pas encore correct. Les tribunaux ne servent pas de guillotine à satisfaire les aspirations vengeresses du peuple, mais plutôt à traiter équitablement les divers protagonistes, y compris l’accusé », a résumé le criminaliste.

Six victimes

L’individu de 55 ans fait face à des accusations d’agressions sexuelles et de contacts sexuels sur six victimes d’âge mineur.

Une ordonnance du tribunal protège l’identité des victimes, mais il a déjà été précisé que l’accusé n’avait pas fait de victimes parmi les enfants qu’il transportait. Quelques-unes des victimes auraient été membres de l’Association des scouts du Canada, un organisme pour lequel Gaudreault a été bénévole.

Advenant qu’il mette à exécution son intention de plaider coupable, Bernard Gaudreault, qui a quitté le Saguenay pour aller vivre et travailler à Montréal, pourrait bénéficier ainsi de facteurs atténuants en n’obligeant pas les victimes à venir témoigner.

Les enfants abusés sexuellement étaient âgés de 8 à 10 ans au moment des faits.