Anne Pearson a pu recouvrer sa liberté en attendant la sentence de quatre années, au minimum, qui lui pend au bout du nez.

Le pénitencier attend Pearson

La Chicoutimienne Anne Pearson devra s’amener beaucoup de vêtements à son prochain passage au tribunal, car elle prendra le chemin du pénitencier pour une période minimale de quatre années, pour avoir déchargé un pistolet à plomb sur une victime.

Alors que la femme de 39 ans devait subir son enquête de remise en liberté, lundi matin, elle a plutôt opté pour enregistrer des plaidoyers de culpabilité à neuf chefs d’accusation de séquestration, de voies de fait, de menaces, d’avoir déchargé son arme sur une personne, de complot pour commettre un acte criminel, de possession de stupéfiants, de possession dans le but d’en faire le trafic, de possession d’une arme à feu sans avoir les autorisations et de voies de fait sur une deuxième victime. Au départ, elle faisait face à 40 chefs d’accusation.

Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Olivier Théorêt, de l’Aide juridique, ont laissé voir qu’ils soumettraient une suggestion commune au juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, le 10 septembre.

Il est fort probable que la peine de quatre années de pénitencier, la peine minimale dans le cadre d’une utilisation d’une arme à feu, soit retenue. L’accusée, qui a pu recouvrer sa liberté en attendant, n’a aucun antécédent judiciaire.

Rocambolesque
L’affaire impliquant Pearson a été qualifiée d’événement rocambolesque par la procureure de la Couronne.

Le 24 décembre 2017, Pearson, son copain Frank Gagné, membre des Devils Ghosts, et Francis Lavoie ont cherché à obtenir des informations en lien avec un trafiquant de drogue de la Côte-Nord. Pour arriver à leurs fins, Gagné et Lavoie ont pris la décision de séquestrer la conjointe de la tête dirigeante du réseau nord-côtier.

La femme a été enlevée à Colombier avant d’être amenée à Chicoutimi, où elle a été confiée aux « bons soins » d’Anne Pearson.

Celle-ci était chargée de la faire parler. Des menaces ont été proférées. La victime a reçu un coup de poing au visage et un coup de crosse de pistolet, de même qu’un coup de pied aux côtes.

N’arrivant pas à obtenir les réponses désirées, Pearson et ses complices ont ramené la victime dans la région de la Côte-Nord, dans l’espoir d’obtenir des adresses et des informations afin de mettre la main sur des stupéfiants. Ils ont réussi à obtenir plus d’une centaine de comprimés de méthamphétamine.

S’échapper
Au cours de cette randonnée turbulente et risquée, la victime a cherché des moyens d’échapper à la surveillance de ses ravisseurs.

Elle savait que les choses n’allaient pas très bien. Sentant la soupe chaude, la victime a alors tenté de s’échapper du véhicule, même si celui-ci était en marche.

C’est à ce moment, selon le résumé de Me Marianne Girard, de la Couronne, que Pearson, munie d’un pistolet à plomb, a tiré un premier coup au visage de la victime. Elle a continué et a atteint la dame à une cuisse, alors qu’un dernier projectile s’est perdu dans la voiture.

Pearson a remis des mouchoirs à la dame afin qu’elle puisse éponger le sang qui coulait de son visage.

Encore aujourd’hui, la victime a toujours un plomb derrière la joue gauche.

À la fin de l’aventure, le trio de malfaiteurs a laissé repartir la victime. Celle-ci a porté plainte à la police une semaine plus tard.

Au bout de quelques semaines d’enquête, Pearson, Gagné et Lavoie ont été arrêtés. Pearson a fait des aveux aux policiers et a remis l’enregistrement audio de l’interrogatoire de la victime aux agents.

Le juge Hudon écoutera les parties sur la peine à imposer. Gagné a écopé de 36 mois, alors que Lavoie a été condamné à 18 mois.