Noémie Lavoie a été assassinée par son conjoint, le 26 février 2019. Elle avait 24 ans.

Le meurtrier de Noémie Lavoie reconnu coupable

Le meurtrier de Noémie Lavoie, cette Laterroise assassinée par son conjoint l’hiver dernier dans un logement de Montréal, a plaidé coupable à une accusation de meurtre au deuxième degré, mardi, au Palais de justice de Montréal. Ali Mahdi Mahamat a écopé d’une peine de prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 15 ans.

La procureure de la Couronne, Me Catherine Perreault, a confirmé au Quotidien que le plaidoyer de culpabilité avait été enregistré mardi, en Cour supérieure. Aucun média n’était sur place lors de la sentence, si bien que le dossier est passé inaperçu, au Palais de justice de Montréal.

Ali Mahdi Mahamat, un ressortissant tchadien de 24 ans, a tué Noémie Lavoie, sa copine, le 26 février 2019, dans un appartement du quartier Ahuntsic, dans la métropole. Il l’a étranglée avant de la poignarder. Elle avait également 24 ans.

La jeune femme avait été retrouvée sans vie, dans un logement de Montréal. Elle a été étranglée et poignardée.

La jeune femme, qui était originaire du Saguenay, devait le quitter pour revenir s’installer à Laterrière, selon ce qu’avait expliqué sa mère, au lendemain du drame. Elle avait même son billet de train pour revenir à la maison.Les parents de Noémie Lavoie étaient présents au palais de justice, mardi, lorsque le meurtrier de leur fille a plaidé coupable à une accusation d’homicide non prémédité. La peine de prison à perpétuité a été rendue sur le banc. L’homme ne pourra demander sa libération conditionnelle avant 2035, soit dans 15 ans.

Le Quotidien s’est entretenu avec le père de Noémie Lavoie, Dany Lavoie, mercredi, par téléphone. Il se disait quelque peu choqué que le sort de sa fille passe ainsi inaperçu.

Libéré en attendant son expulsion

En décembre 2018, soit deux mois avant le meurtre de Noémie Lavoie, Ali Mahdi Mahmat avait été arrêté par les agents des services frontaliers, en vue de son expulsion vers son pays d’origine, le Tchad. Mais dans les 48 heures qui ont suivi, un commissaire à l’immigration avait ordonné sa libération, en lui imposant de sévères conditions, notamment de rester chez sa mère.

L’accusé a plaidé coupable à une accusation de meurtre au deuxième degré, mardi, au Palais de justice de Montréal.

Le dossier judiciaire du jeune homme est assez chargé. Introduction par effraction, agression sexuelle, port d’arme dans un dessein dangereux, méfait, possession de drogue et non-respect de conditions ; il avait quelques peines de prison à son actif.

D’ailleurs, le 18 décembre 2018, Ali Mahamat était sorti de prison sans condition, après avoir purgé les deux tiers de sa peine de 24 mois pour une sordide affaire d’agression sexuelle.

À cette époque, il faisait déjà l’objet d’un mandat d’arrêt de l’Agence des services frontaliers et il avait été pris en charge par des douaniers, qui l’ont placé en détention.

Les funérailles de Noémie Lavoie avaient été célébrées le 5 mars 2019, à Jonquière.

Mais comme le veut la loi, Mahamat a pu demander sa liberté (révision de détention) dans les 48 heures devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, et il l’a obtenue.

Évaluation

Selon ce qu’expliquait La Presse, dans un article publié dans les jours suivant le meurtre de Noémie Lavoie, Mahamat avait demandé à faire l’objet d’une évaluation des risques pour sa sécurité s’il était expulsé au Tchad, mais il a essuyé un refus. Il avait vraisemblablement épuisé tous ses recours et n’avait toujours pas été expulsé lorsque les policiers l’ont arrêté pour le meurtre de sa conjointe le 26 février suivant sa libération.

« C’est aberrant de voir comment cet homme était encore en liberté malgré son dossier chargé. Il craignait pour sa sécurité s’il retournait au Tchad. Et la sécurité de ma fille, elle ? On se pose des questions, c’est certain. Mais on est tout de même soulagé que ce soit terminé sans un long et pénible procès », a affirmé le père de Noémie, Dany Lavoie.