Le juge Rosaire Larouche ne croit pas qu’une décision judiciaire soit la meilleure chose dans la chicane de voisins des Pilote et des Roy.

Le juge suggère la médiation

Le juge Rosaire Larouche souhaite que la saga impliquant les voisins Pierre Pilote et Yvon Roy, de la rue Delisle à Shipshaw, puisse se tasser au cours des semaines à venir. Il espère que les parties trouveront des solutions pour dénouer cette chicane de voisins.

Le magistrat estime que la situation est devenue intenable de part et d’autre. Il pourrait bien émettre un engagement à Pierre Pilote à ne pas troubler l’ordre public et faire en sorte qu’il reconnaisse que le plaignant ait pu craindre pour sa sécurité (article 810 du Code criminel canadien), mais ne croit pas qu’il s’agisse de la solution à tous les maux.

La procédure judiciaire pour l’émission de ce 810 devait se poursuivre jeudi matin au Palais de justice de Chicoutimi. Mais les parties ont demandé de reporter le dossier à une date ultérieure.

« Nous entendons demander une rencontre de médiation ou de facilitation avec le juge coordonnateur », ont indiqué Me Nicole Ouellet (Couronne) et Me Charles Cantin (défense).

Le juge Larouche estime qu’il s’agit d’une initiative intéressante dans les circonstances.

« Il n’est pas normal que les deux parties observent les faits et gestes de chacun par le biais de caméras de surveillance. Nous allons ajourner le dossier au mois d’octobre et d’ici là, j’espère que vous pourrez obtenir un certain climat de sérénité », note le magistrat.

Conflit 
Toute cette affaire se déroule sur la rue Delisle, à Shipshaw, dans l’arrondissement de Jonquière.

La famille Roy demeure dans une maison construite derrière celle des Pilote. La seule façon d’accéder à leur résidence est de passer sur les terrains de l’accusé. Une ordonnance de la Cour supérieure du Québec (chambre civile) leur donne le droit de passage.

Mais il y a quelques années, Pierre Pilote a pris la décision, tout en avisant son voisin de ses intentions, d’ériger une clôture autour de son terrain.

Par le fait même, il a procédé à l’installation de deux barrières qui empiétaient sur le terrain où le droit de passage avait été accordé. M. Roy devait ouvrir les barrières pour aller chez lui.

Sans grande surprise, les relations ont pris une mauvaise tournure. Les deux voisins ont commencé à s’observer et à se surveiller jusqu’au point où des procédures judiciaires ont été entreprises.

Et elles se poursuivent. Si la première partie a eu lieu du côté civil, la seconde portion s’est transportée au criminel, lorsque M. Roy a accusé Pierre Pilote de voies de fait, de harcèlement et de méfait. La cause doit être entendue en octobre.

Le juge Larouche demande aux parties de trouver des moyens pour éviter les procédures judiciaires et de travailler plutôt à trouver des solutions afin de dénouer cette impasse.

« Sinon, ça ne s’arrêtera pas », a indiqué le juge Larouche.

Juste avant de quitter la salle d’audience, Pierre Pilote s’est approché de son avocat Charles Cantin et a fait une dernière demande.

Il voulait s’assurer qu’il pourrait aller chercher son petit chien « Bonhomme » sur le terrain des Roy si jamais celui-ci se sauvait de la maison.

« S’il aperçoit un écureuil, il est parti. Nous voulons savoir si nous pouvons aller le chercher sur le terrain des voisins sans problème », a demandé M. Pilote.

Le juge autorise la conjointe de Pilote, Nadia Brisson, à aller le chercher.

« Mais sans qu’il puisse se faire de commentaires de part et d’autre. Vous devez éviter les conflits. Et vous devez tout faire pour garder votre chien chez vous », a conclu le juge Rosaire Larouche. Et en attendant, Pilote ne peut se rendre chez son voisin, ne peut communiquer avec les plaignants et laisser les deux barrières ouvertes.