Antonio Dion s'est présenté au Palais de justice de Chicoutimi vendredi matin.

Le «faux promoteur» derrière les barreaux

L’homme qui aurait tenté de vendre des billets pour des spectacles qui n’existaient pas passera les prochains jours derrière les barreaux. Antonio Dion a été arrêté par les policiers de Saguenay, mardi, et a comparu vendredi devant le juge Pierre Lortie de la Cour du Québec.

Selon Me Marianne Girard, représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales, c’est après avoir reçu une plainte pour une présumée fraude que les policiers du Service de police de Saguenay se sont intéressés à l’homme de 56 ans. Ils ont découvert qu’il faisait l’objet de mandats ailleurs au Québec et qu’il était en bris de probation.

«Il a d’abord été arrêté pour des mandats d’arrestation dans le secteur de Québec parce qu’il ne s’était pas présenté à la cour. Il avait également un mandat d’arrestation dans le secteur New Carlisle pour lequel il avait également omis de se présenter à la cour», a confirmé son avocat, Me Denis Otis, qui le représente pour la première fois.

À la suite de décisions rendues dans d’autres districts judiciaires, en mai 2017, mai 2018, octobre 2018 et janvier 2019, Antonio Dion devait prévenir de ses changements d’adresse ou de nom et aviser rapidement de ses changements d’emploi ou d’occupation, chose qu’il n’a pas faite, lui qui habite maintenant sur la rue des Hospitalières, à Chicoutimi.

«La raison pour laquelle il a réglé les dossiers ici à Chicoutimi ce matin, c’est que dans le cadre de mesures probatoires qu’il avait, il devait informer les services de probation et la cour de tout changement d’adresse, ce qu’il n’avait pas fait. Donc lorsqu’on a exécuté les mandats d’arrestation de Québec et de New Carlisle, on a constaté que monsieur avait une nouvelle adresse», a ajouté Me Otis.

L’homme, qui a des antécédents en matière de fraude, a même certaines ordonnances de remboursement dans le secteur de New Carlisle, et selon Me Otis, «ce sont justement les accusations en lien avec le non-remboursement qui sont en cause».

Antonio Dion était sous mandat d’arrestation à Québec et à New Carlisle et il a brisé ses conditions de remise en liberté. Il s’agit de l’homme qui serait derrière la vente de faux billets de spectacles, dévoilée par Le Progrès la semaine dernière.

En lien avec les bris, Antonio Dion a donc écopé d’une peine de 15 jours de prison, moins les six jours qu’il avait déjà purgés. Cependant, il ne sera pas libéré à la suite de cette peine, puisque les districts de Québec et New Carlisle s’opposent à sa remise en liberté.

Me Otis a demandé le transfert des dossiers à Roberval, où il oeuvre habituellement, et aussi pour diminuer les transports en fourgon cellulaire pour l’homme qui se déplace avec une marchette.

Alexandre Bissonnette

Antonio Dion avait déjà fait la manchette dans le cadre du procès d’Alexandre Bissonnette, le tueur de la Mosquée de Québec. Lors des représentations sur sentence, il avait mentionné à un constable spécial qu’il aurait fait la même chose que l’accusé s’il avait eu une arme. Par la suite, il avait mentionné qu’il avait tenu ces propos par amour pour le meurtrier et pour se rapprocher de lui. Il avait finalement écopé d’une peine de quatre mois de prison le 23 mai 2018, pour laquelle il est encore en probation.

Faux spectacles

Samedi dernier, Le Progrès faisait la lumière sur un individu qui mettait en vente des billets de spectacle pour des événements qui n’existaient pas. Cet individu serait Antonio Dion.

Les concerts chrétiens de Sébastien Demrey et de Jimmy Lahaie, le 6 octobre, et de Stéphane Quéry, le 12 octobre, à La Pulperie de Chicoutimi, de Nicola Ciccone, le 1er novembre, à l’auditorium de l’école Charles-Gravel, et celui de Julie Daraîche et de David Bernatchez, prévu le 26 octobre, à La Saguenéenne, étaient concernés. Depuis la publication de l’article, la vente de billets a été annulée sur le site Eventbrite.

Selon nos informations, l’individu en question est un homme, mais utiliserait le nom d’une femme pour sévir, et se rattacherait toujours à l’Église chrétienne. Il avait communiqué avec le département de la publicité du Quotidien et du Progrès, au cours des dernières semaines, pour faire la promotion des quatre événements mentionnés plus haut. Cependant, les publications ont toujours été reportées et n’ont pas encore paru dans l’édition papier ni dans les versions numériques. Lors d’un entretien avec Le Progrès, au cours duquel il utilisait la voix d’une femme, il avait nié le stratagème et s’était monté agressif.

Ce n’est pas la première fois qu’il utilise cette pratique. En effet, l’an dernier, L’Express de Drummondville et le FM93 de Québec avaient traité ce sujet.