Le coroner recommande l’examen du psychologue

Le coroner Sylvain Truchon recommande aux dirigeants de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay de demander au Syndic de l’ordre professionnel des psychologues du Québec d’examiner la conduite et la compétence du psychologue retenu dans le dossier de l’ex-directeur général Stéphane Côté.

Cette recommandation fait suite au suicide de ce dernier. L’homme de 43 ans s’est enlevé la vie le 31 mars 2016 à son domicile après avoir reçu un texto du nouveau psychologue retenu par la CS afin de le rencontrer.

Embauché en août 2015 au poste de directeur général, Stéphane Côté est victime d’un accident vasculaire cérébral en décembre de la même année. À son retour au travail, il confie à des proches sa difficulté à se concentrer et qu’il a des idées noires. Son médecin le place en arrêt de travail.

À la suite de ces événements, M. Côté consulte un psychologue à 11 occasions entre le 22 décembre 2015 et le 25 mars 2016.

Il lui précise que son travail représente 80 pour cent du stress qu’il vit. Il mentionne au psychologue, le 25 mars 2016, que l’employeur songe à rompre son contrat de travail et à le retourner à son ancien poste, créant une anxiété chez M. Côté. Il mentionne clairement ses idées noires.

Six jours plus tard, Stéphane Côté doit se rendre à un rendez-vous médical avec un proche. Le rendez-vous n’aura jamais lieu. 

C’est un ami qui a découvert le corps inanimé de Stéphane Côté dans une remorque fermée sur le terrain de la résidence.

Geste fatidique

Dans le rapport du coroner, il y est précisé que le matin du 31 mars 2016, Stéphane Côté a reçu un texto de l’association représentant les cadres scolaires du Québec l’informant qu’il serait contacté par un psychologue, dont les services ont été retenus par l’employeur, relativement à son avenir professionnel.

Ce psychologue a obtenu un double mandat de la CS des Rives-du-Saguenay afin d’apporter son aide professionnelle au patient dans la perspective d’un rétablissement de sa santé et de sa réintégration au travail. Il est mentionné que le psychologue avait aussi le mandat de faire des recommandations à l’employeur de Stéphane Côté.

Le coroner estime que les interventions de la commission scolaire et de ses mandataires ont perturbé la convalescence de Stéphane Côté et augmenté son niveau d’anxiété. 

« L’intervention d’un professionnel psychologue auprès d’une personne fragile et déjà suivie par un autre psychologue suscite un questionnement important, particulièrement étant en présence d’un mandat comportant une double finalité (volet d’aide et volet conseil) », écrit le coroner Truchon.

Me Truchon ajoute qu’il ne peut se prononcer sur la responsabilité des personnes impliquées dans un décès, mais précise qu’il existe des autorités compétentes pour examiner la compétence et le comportement des professionnels impliqués dans un tel cas. 

Il recommande que la conduite du psychologue retenu par la CS des Rives-du-Saguenay soit examinée par le syndic de son ordre professionnel.

Le coroner Sylvain Truchon recommande aussi de réviser la politique de Prévention de la violence et du harcèlement au travail afin de mieux protéger ses employés face aux interventions effectuées auprès des personnes affectées d’une incapacité à la suite d’un problème psychologique.

L’autopsie a démontré que Stéphane Côté aurait utilisé une arme à feu pour mettre fin à ses jours.