Dans le rapport médical, il y est mentionné que Ritchie Rioux était désorganisé et avait perdu le contact avec la réalité lorsqu’il a été amené à l’hôpital.

Le CIUSSS n'avait pas les ressources dans l'affaire Rioux

L’hôpital de Chicoutimi a bel et bien refusé de garder Ritchie Rioux sous ses soins en raison d’un manque d’effectifs et d’espaces suffisamment sécuritaires pour le personnel et les patients. Ce refus s’explique cependant en raison des soins à donner à l’accusé.

L’affaire Ritchie Rioux continue de faire jaser dans les milieux judiciaires et de la santé, trois jours après que Le Quotidien eut révélé que le personnel médical n’avait pas respecté un ordre du tribunal d’évaluer le degré de responsabilité de l’accusé sur une période de 30 jours.

Le Progrès a pu mettre la main sur une copie du rapport rédigé par un responsable du département de psychiatrie de l’hôpital de Chicoutimi du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Cette semaine, un porte-parole du CIUSSS avait mentionné que ce n’était pas en raison d’un manque de personnel durant le long week-end de Pâques et d’un manque de lits (d’espace) que l’accusé avait été refusé. 

Marc-Anoine Tremblay précisait que l’organisation avait respecté l’ordre du tribunal en effectuant une évaluation sommaire, mais pas de responsabilité de l’individu, et que celui-ci devait être envoyé à l’Institut Pinel en raison de sa dangerosité.

Dans le rapport médical, il y est mentionné que Ritchie Rioux était désorganisé et avait perdu le contact avec la réalité lorsqu’il a été amené à l’hôpital.

« Les policiers confirment qu’ils ont eu du mal à le maintenir. ‘‘Très dangereux.’’ Nous n’avons pas actuellement à l’hôpital de Chicoutimi les ressources humaines et lieux suffisamment sécuritaires pour lui et le personnel soignant. En le gardant à l’hôpital dans cet état, nous mettons le personnel en danger d’être agressé gravement physiquement (sic) », écrit-on dans le rapport.

« Pour ces raisons, nous demandons aux policiers de le ramener en milieu sécurisé et nous demandons au juge de diriger monsieur vers l’Institut Pinel de Montréal si l’état de la responsabilité criminelle demeure nécessaire, qui serait un milieu plus sécuritaire (sic) », ajoute-t-on.

Questionné sur les différences des propos entre le rapport et les réponses du CIUSSS, Marc-Antoine Tremblay précise qu’il n’y a pas de divergence.

« Nous avions le personnel pour répondre à un patient qui nécessite des soins de deuxième ligne (ce que l’hôpital offre), mais dans le cas qui nous occupe, on parle de soins de troisième ligne. Et pour ça, nous n’avions pas les ressources et les espaces nécessaires pour nous occuper d’un cas aussi lourd. L’Institut Pinel possède une expertise que nous n’avons pas », reprend M. Tremblay.

Être humain

Les récents problèmes de Rioux ont débuté lorsqu’il a été expulsé de son appartement d’un HLM en raison de l’insalubrité. 

L’accusé avait mentionné à des intervenants qu’il avait été mis à la porte de RESSAC (un programme de réadaptation psychosociale), mais ce n’était finalement pas le cas. En fait, il ne s’est jamais présenté à RESSAC et par le fait même il n’a pu en être expulsé.

« Nous n’expulsons pas une personne pour insalubrité. Nous cherchons plutôt des solutions. De plus, M. Rioux n’était pas à RESSAC la semaine dernière et il n’a pu y être expulsé », a mentionné Christian Morin, directeur général de l’Association de la santé mentale régionale.

La situation de l’accusé, qui se faisait promener de gauche à droite, a tout de même touché des gens. Cela a amené une réflexion de la part d’un policier.

« Il en va tout de même d’un être humain dont personne ne semble vouloir », a relaté un membre de la Sécurité publique de Saguenay.