Me Julien Boulianne ne comprend pas que l’hôpital de Chicoutimi n’ait pas évalué son client comme le précisait un ordre du tribunal.

Le CIUSS ignore un ordre du tribunal

Ritchie Rioux a dû passer quelques nuits derrière les barreaux parce que les responsables du département de psychiatrie de l’hôpital de Chicoutimi ont ignoré un ordre du tribunal d’évaluer sa responsabilité. Il sera plutôt évalué à l’Institut Pinel de Montréal.

L’homme d’une quarantaine d’années souffre de problèmes mentaux. Le 29 mars, il a été expulsé de la maison RESSAC en raison de sa malpropreté. Il avait omis de se laver durant quelques semaines. 

À sa sortie de RESSAC, Ritchie Rioux a tenté d’obtenir une place au Séjour de Jonquière, mais n’a pu y demeurer.

Les responsables de cette résidence ont dû faire appel aux policiers étant donné que l’individu ne semblait pas comprendre la situation. 

C’est à partir de là que l’homme s’est désorganisé. Il a été arrêté et accusé d’entrave au travail des policiers, de menaces envers les agents et de voies de fait sur les patrouilleurs.

Le client de Me Julien Boulianne a été amené au Palais de justice de Chicoutimi où le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a accepté la demande des parties d’envoyer Rioux vers l’hôpital régional afin que l’on puisse évaluer sa responsabilité pour une période de 30 jours en lien avec les actes commis.

« Les policiers se sont dirigés vers le département D-8 de l’hôpital. Sur place, ils se sont fait dire que l’accusé ne pouvait y être évalué en raison des effectifs réduits durant la période pascale et aussi parce que, lors de sa dernière visite, M. Rioux avait fait du grabuge », a expliqué Me Boulianne.

« Les agents ont mentionné qu’ils avaient un ordre de la cour qu’une évaluation devait être faite et qu’ils ne pouvaient repartir avec l’accusé. L’hôpital a tout de même refusé. Mon client a été envoyé à la prison de Roberval et a été entendu par visioconférence le vendredi 30 mars pour analyser son cas. La juge Micheline Paradis a accepté de diriger l’accusé vers Pinel », précise le criminaliste.

Ce dernier dénonce la situation. Il prétend que l’hôpital de Chicoutimi possède les ressources pour évaluer un accusé comme Rioux et que de l’envoyer à Pinel va engendrer des coûts importants pour le système de santé.

3e ligne

La direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean se défend de ne pas avoir évalué l’individu.

« Je peux vous confirmer que l’homme est passé par notre département. Il a été évalué par un psychiatre. Il a été déterminé qu’il ne pouvait être vu en deuxième ligne (cas plus léger) et qu’il avait besoin de soins en troisième ligne (cas plus lourd), ce qui signifie qu’il était envoyé à Pinel », explique Marc-Antoine Tremblay, porte-parole du CIUSSS.

Le CIUSSS dit avoir affaire à quelques cas comme celui de Ritchie Rioux annuellement et qu’il arrive à quatre ou cinq reprises que ces gens soient référés à l’Institut Pinel, qui possède plus de ressources pour bien évaluer ces cas.

Informé de ce développement, Me Boulianne en prend et en laisse.

« S’il est vrai qu’ils ont examiné et évalué mon client, ils auraient dû nous soumettre un rapport en conséquence. Il n’y en a pas eu. Rien n’indique que M. Rioux a véritablement été évalué. Les responsables du département n’ont pas respecté une ordonnance d’évaluation donnée par le tribunal », soutient Me Boulianne.

À la Couronne, Me Claudine Roy précise que le dossier a été entendu devant la juge Micheline Paradis, le 30 mars, et que les parties lui ont demandé d’envoyer l’accusé à Pinel pour y subir une évaluation.

« Nous avons précisé que Chicoutimi n’a pas procédé à l’évaluation de l’accusé et nous demandions à ce que l’accusé soit envoyé à Pinel », a précisé Me Roy.