Lawrence Guillemette a agressé sexuellement dix fillettes sur une période de 16 ans.

Lawrence Guillemette connaîtra sa sentence vendredi

Le juge Paul Guimond se donne jusqu'à vendredi pour déterminer la peine à imposer à Lawrence Guillemette qui a agressé sexuellement neuf fillettes sur une période de 16 ans.
Mardi, au Palais de justice de Roberval, le magistrat a demandé à la procureure de la Couronne, Julie Villeneuve, et à l'avocat Sébastien Talbot d'argumenter davantage pour le convaincre d'entériner la suggestion commune soumise d'un emprisonnement dans la collectivité de deux ans moins un jour. Paul Guimond avait décidé de ne pas entériner cette peine sur le banc lorsque Guillemette a reconnu sa culpabilité. Il voulait réfléchir, trouvant les crimes graves et les séquelles sur les victimes importantes.
Pas une vengeance
L'avocat de l'homme de Saint-Méthode a tenu à rappeler que la sentence ne devait pas être une vengeance, mais être individualisé selon la personne. Il a souligné qu'une peine en société n'est pas une « partie de plaisir ». 
« Il ne sera pas soumis à une libération conditionnelle comme s'il était en prison. Le suivi et la surveillance pendant toute cette période vont être très rigoureux. C'est très dissuasif, je ne pense pas qu'on ait besoin d'isoler monsieur Guillemette », a-t-il suggéré.
Sébastien Talbot a souligné que son client avait collaboré dès le début des procédures en s'incriminant lors du premier interrogatoire, a démontré des remords sincères et plaidé coupable à la première occasion. Il évitait ainsi un procès et aux victimes d'être obligées de témoigner.
Comme l'homme a suivi une thérapie d'un an et demi et qu'il n'a pas récidivé depuis 30 ans, il juge qu'il n'est pas nécessaire de l'envoyer en prison. Il a d'ailleurs appuyé ses affirmations en déposant des jugements en semblable matière où l'accusé avait reçu une peine en collectivité. 
Lawrence Guillemette aurait aussi été victime d'agression alors qu'il avait une douzaine d'années.
La couronne d'accord
La procureure de la Couronne a expliqué aussi au juge les raisons qui ont mené à une suggestion commune malgré la gravité des gestes. Me Villeneuve pense aussi qu'une peine d'emprisonnement en société est plus appropriée que la prison.
Les crimes se sont déroulés de 1976 à 1992 dans le secteur Saint-Méthode. L'homme a fait des attouchements sur neuf victimes dont la plus jeune avait à peine deux ans et demi. Les attouchements se faisaient par dessus les vêtements, sous les petites culottes et parfois il faisait pénétrer ses doigts dans la vulve des jeunes victimes. Certaines ont été agressées des dizaines de fois.
Durant la même période, il a agressé deux autres gamines. Ces crimes auxquels il a plaidé coupable en 1994 lui ont valu une amende de 500 $ et une période de probation.
Témoignages de victimes
Lors de son plaidoyer de culpabilité, trois victimes ont tenu à témoigner des séquelles importantes qu'ont laissées ces agressions. Elles n'étaient pas en accord avec la peine suggérée.
Le juge Paul Guimond, qui ne dispose pas d'une grande marge de manoeuvre pour déterminer une autre peine que celle proposée par les deux procureurs, fera connaître sa décision vendredi.