Lavoie déclaré délinquant à contrôler

Alexandre Lavoie, 29 ans, est déclaré délinquant à contrôler pour une période de cinq ans et condamnéà 28 mois d'incarcération pour la séquestration et l'agression d'une femme chez elle au cours de la nuit du 7 septembre 2013.
<p>La procureure aux poursuites criminelles et pénales Amélie Gilbert.</p>
Le jeune agriculteur de Saint-Charles-de-Bourget faisait une fixation malsaine sur la femme et l'a harceléà de nombreuses occasions avant qu'il ne projette d'entrer chez elle, de la violer et de la tuer avant de se suicider.
Le plan ourdi a avorté parce que la jeune femme, réveillée par l'assaillant qui lui appliquait du ruban adhésif, a réussi à se dégager et fuir.  Il a été arrêté peu de temps après cette tentative ratée.
Le projet de l'assaillant n'a été découvert dans son entièreté que lors de l'évaluation sexologique.  Lavoie a reconnu non seulement l'assaut nocturne, mais il a aussi révélé qu'il comptait mettre fin d'une manière violente à la pulsion et à la fixation qui le hantaient depuis des mois.  Il n'arrivait pas à décrocher de l'image de la femme qu'il projetait dans son cerveau.
Cette révélation a inquiété au plus haut point la procureure aux poursuites criminelles et pénales Amélie Gilbert;  elle a requis et obtenu l'autorisation de soumettre l'assaillant à une évaluation du risque qu'il constitue.
Sous la supervision de l'Institut Philippe-Pinel, le psychologue Marc-André Lamontagne de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec a conclu que Lavoie, laisséà lui-même, constitue un risque élevé de récidive.  Par contre, à sa sortie de prison, il peut être maîtrisé au sein de la société avec des mesures adéquates.  Sa suggestion de le désigner délinquant à contrôler a été recommandée par Me Gilbert ainsi que par l'avocat de la défense, Me André Villeneuve. Le juge Rosaire Larouche de la Cour du Québec a établi la période de contrôle à cinq ans.
«Il y a deux façons de voir cette mesure, M.Lavoie ; la meilleure est de comprendre que c'est pour vous aider», a dit le juge.
«C'est déjà comme ça que je le prends», a déclaré Lavoie, attentif au déroulement du processus.
Le juge lui interdit la possession d'une arme à feu à perpétuité et lui ordonne de fournir un échantillon d'ADN à la Banque nationale des données génétiques et de conserver ses renseignements personnels à jour pendant dix ans au Registre national des délinquants dangereux.
Le juge a souhaitéà Lavoie que cette aide l'amène à se concentrer sur sa ferme, à sa sortie de prison.  Pour le moment, la gestion de l'entreprise a été confiée à un membre de sa famille.