L’avocat de Chantale Cyr en beau fusil

L’avocat civiliste Éric Le Bel est en furie. Il ne comprend pas que 80 employés de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) donnent leur appui à une femme qui vient d’être condamnée par un tribunal de harcèlement psychologique, d’avoir causé des lésions professionnelles et d’avoir congédié illégalement une employée.

Celui qui représente les intérêts de Chantale Cyr, ex-directrice générale de la CSRS, s’élève contre la présence des enseignants et du personnel-cadre venus féliciter la présidente de l’organisme.

« C’est épouvantable de voir que des enseignants décident d’appuyer une personne qui a été reconnue coupable de harcèlement psychologique, alors qu’ils sont là pour apprendre aux étudiants que le harcèlement n’est pas correct et qu’il ne doit pas exister. Ils disent bravo à Liz Gagné et lui demandent de continuer », mentionne Me Le Bel, lors d’un entretien avec Le Quotidien.

« Sur le fait que c’est tout le monde qui est derrière la présidente Gagné, je ne crois pas que ce soit le cas. On parle de 80 personnes et elles provenaient en grande partie de La Baie, le secteur d’où vient Mme Gagné », a ajouté Me Le Bel.

Les événements de mardi soir ont rappelé à l’avocat de Chantale Cyr cette soirée où Liz Gagné a été assermentée comme présidente en mai 2017.

« Nous avons assisté à du mauvais théâtre. Ça m’a rappelé l’épisode de mai 2017 lorsque Mme Gagné a été officialisée dans son poste de présidente et qu’elle a donné un coup de coude à ma cliente qui voulait s’exprimer lors de l’assemblée des commissaires d’école. C’est là que le harcèlement a commencé. »

« Mardi soir, Liz Gagné et son monde se sont servis des médias pour essayer de passer un message. Mais 80 personnes, ça ne représente pas l’ensemble des employés de la CSRS », note-t-il.

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Me Le Bel retient tout de même une bonne nouvelle de la réunion de mardi soir, soit celle de ne pas contester la décision du juge Guy Roy, du Tribunal du travail du Québec.

« C’est une bonne nouvelle. Maintenant, nous sommes rendus à l’étape de réintégrer ma cliente à son poste, comme cela a été ordonné dans la décision, car il n’est pas vrai que nous allons renoncer à notre droit. Et ils devront lui payer ce qu’on lui doit », insiste Me Le Bel.

Celui-ci croit que la CSRS ne fait rien afin de faire vivre une guerre d’usure à sa cliente. Il estime que le harcèlement se poursuit.

« Les commissaires agissent comme s’ils jouaient dans un film de série B. [...] Il n’y a pas de négociation ni de médiation. Et il n’y en aura pas. Le jugement doit être appliqué, un point c’est tout. Sinon, je vais demander au juge de faire appliquer sa décision. Les commissaires agissent comme s’ils avaient perdu 5-0, qu’ils voulaient rejouer le match en prétendant que leur gardien n’avait pas été bon », a conclu Me Éric Le Bel.