Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Marc-Étienne Côté avait cette apparence au moment de son arrestation, en août 2017.
Marc-Étienne Côté avait cette apparence au moment de son arrestation, en août 2017.

L’arrestation de Marc-Étienne Côté décortiquée

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
C’est dans la nuit du 5 au 6 août 2017, à 12h45, que les policiers de Montréal ont procédé à l’arrestation de Marc-Étienne Côté, près de neuf mois après qu’un mandat d’arrestation pancanadien pour le meurtre au 2e degré d’Israël Gauthier-Nepton ait été lancé. L’accusé a fait plusieurs verbalisations aux enquêteurs chargés de l’interroger, notamment «qu’il s’était fait avoir par un petit crosseur», «que la version des deux gars ne tenait pas la route et qu’ils étaient armés», que «de toute façon, c’est toujours le deuxième qui se fait arrêter le coupable» et «qu’il était prêt à passer un détecteur de mensonges si ses avocats le lui conseillaient». En aucun temps l’accusé n’a dit avoir tiré.

La preuve de la Couronne au procès de Marc-Étienne Côté est close, après deux semaines d’audiences. Les derniers témoins du ministère public ont été entendus vendredi. L’enquêteur principal au dossier, Steeve Girard, a expliqué que Marc-Étienne Côté avait été identifié comme le suspect principal rapidement après les événements.

Israël Gauthier-Nepton a été atteint d’une balle dans le bas du dos dans la nuit du 19 au 20 novembre 2016, sur la rue du Vieux-Pont, à Jonquière. Le témoin Dave Bussières, qui était présent sur les lieux, a identifié Marc-Étienne Côté comme étant celui qui a tiré.

Un mandat d’arrestation provincial a été lancé contre lui le 21 novembre 2016. Un communiqué de presse a également été envoyé à tous les médias.

Le 22 novembre, un mandat d’arrestation pancanadien est lancé, afin de retrouver le suspect. Les amis, la famille et d’anciens employeurs de Marc-Étienne Côté sont rencontrés. Plusieurs méthodes d’enquêtes sont utilisées au cours des mois suivants pour retrouver l’individu, mais en vain.

C’est le 5 août 2017, à 22h45, que les policiers de Montréal reçoivent un appel anonyme, disant que Marc-Étienne Côté se trouve dans une résidence de la 7e Avenue, à Montréal.

Des policiers se mettent alors en position autour de l’adresse fournie. Vers 12h45, dans la nuit, les agents interpellent un individu sorti fumer à cet endroit. C’est à ce moment que Marc-Étienne Côté est vu en train de sortir par une porte arrière, à la course. Il est arrêté à ce moment.

Conduit au poste

Marc-Étienne Côté sera ensuite conduit au Centre opérationnel de Montréal. Deux enquêteurs des crimes majeurs de la Sûreté du Québec sont appelés à prendre en charge l’individu.

Marc-Étienne Côté est rencontré une première fois à 4h37, le matin du 6 août, au bloc cellulaire. Il porte un chandail bleu, une longue barbe et ses cheveux sont frisés. L’individu est calme.

Les deux enquêteurs appelés à témoigner expliqueront que l’accusé a fait plusieurs verbalisations au cours des heures suivantes. Il a notamment affirmé aux enquêteurs que «tout ce qu’il veut, c’est retourner dans sa cellule, parce que de toute façon, leur idée est faite» et «qu’il allait se défendre et aller jusqu’au bout».

Le ministère public, représenté par Me Nicole Ouellet, a clos sa preuve, vendredi.

Il affirme également que «la fenêtre était ouverte et qu’ils n’ont pas vérifié le sang sur le bord de la fenêtre». À cette affirmation, l’un des enquêteurs lui demande ce qu’il veut dire, mais l’accusé garde le silence.

Marc-Étienne Côté dira ensuite qu’il «ne connaît pas ces deux gars-là». Les enquêteurs des crimes majeurs ont tous les deux indiqué que l’homme avait pleuré.

L’accusé poursuivra plus tard, lors de la prise d’empreintes, en affirmant «que la version des deux autres gars ne tient pas la route».

«Pourquoi tu penses qu’il a laissé crever son chum? Il est allé cacher les armes. Les gars étaient armés», a dit l’accusé aux enquêteurs.

Il a ajouté que «ceux qui l’ont fait venir ce soir-là sont des jeunes qui veulent prendre de la drogue. Qu’ils veulent être des motards» et «qu’il s’est fait avoir par un petit crosseur».

Un peu plus tard, il dira que « si personne ne s’attaquait à lui, tout le monde continuait son chemin et allait se coucher».

Marc-Étienne Côté dira à un moment «qu’il accepterait de passer un détecteur de mensonges si ses avocats lui conseillent».

Contre-interrogatoire

En contre-interrogatoire, l’avocate de l’accusé, Me Mélissa Gagnon, a posé plusieurs questions à l’enquêteur principal Steeve Girard, concernant la période de temps s’échelonnant entre les coups de feu et la découverte du corps de la victime, soit entre 3h du matin et 9h30, le 20 novembre 2016.

Elle a notamment demandé à l’enquêteur s’il était au courant que deux agents avaient eu des dossiers disciplinaires par rapport à l’intervention cette nuit-là et qu’aucun enquêteur ne s’était rendu sur les lieux après l’appel au 911, dans la nuit. La procureure a demandé s’il était exact de dire que les vêtements du témoin Dave Bussières n’avaient pas été saisis et qu’aucune analyse pour vérifier s’il y avait des traces de poudre n’avait été faite. L’enquêteur a répondu que c’était exact.

Me Gagnon a également soulevé le fait que les conteneurs situés sur le stationnement de la Maison de quartier n’avaient pas été fouillés et que l’arme du crime n’avait pas été retrouvée.

Le procès reprend lundi.

Le meurtre s’est produit dans la nuit du 19 au 20 novembre 2016, à Jonquière.