La révocation de la liberté de Michel Fortin était justifiée, selon la Section d’appel de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

L’appel du meurtrier Michel Fortin rejeté

Les commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) étaient justifiés de révoquer la semi-liberté du meurtrier Michel Fortin, en août 2018. La Section d’appel de la CLCC confirme donc la position.

Dans une décision rendue il y a deux semaines, deux commissaires ont analysé les motifs de l’appel logé par Michel Fortin en date du 9 octobre 2018.

Il faut se rappeler que l’Almatois de 49 ans a été condamné en mai 2000 de deux meurtres au deuxième degré, d’avoir causé des lésions corporelles par négligence criminelle, d’usage d’arme à feu, de possession non autorisée et délibérée d’une arme à feu et de possession d’arme pendant une ordonnance d’interdiction pour des événements survenus le 14 octobre 1999.

Lors de cette soirée au bar La Traverse de Chicoutimi, Stéphane Murray et André Simard sont tombés sous les balles de l’assassin.

En août 2018, lors de sa troisième remise en liberté, Fortin a dû être ramené au pénitencier de Cowansville jusqu’à sa prochaine tentative de recouvrer une semi-liberté, qui pourrait être entendue en août 2019.

La libération de Fortin a été révoquée, car il n’a pu justifier les dépenses réalisées dans les mois précédents et n’a pu fournir son relevé bancaire.

Au moment où il est retourné à l’ombre, Fortin a fini par avouer qu’il avait dépensé une grande partie des 2300 $ qu’il avait retiré de son compte pour payer une prostituée, des chambres d’hôtel, et pour avoir utilisé un téléphone dans un hôtel pour un contrôle de ses déplacements et des taxis.

Le détenu prétendait que la CLCC n’avait pas tenu compte de sa longue période en communauté et que son équipe de gestion de cas suggérait qu’il poursuive son cheminement en communauté.

Il a insisté sur le fait que son seul comportement problématique était attribué à la fréquentation des prostituées et qu’il n’y avait rien en lien avec sa criminalité.

« Aux termes de son analyse, la Section d’appel est d’avis qu’il était raisonnable pour la Commission de peser ces éléments comme facteurs déterminants dans son analyse, avec comme toile de fond votre criminalité qui inclut deux meurtres au deuxième degré », écrit la section d’appel.

« Contrairement à vos soumissions, la Section d’appel est d’avis qu’il était raisonnable de faire un lien entre votre fréquentation des prostituées et votre cycle de délinquance. La Commission a pesé que la plus récente évaluation psychologique du risque, produite en mai 2014, indique que vous présentez un risque modéré de récidive violente, mais pouvant devenir modéré/élevé si vous fréquentiez des milieux à risque. Et nous prenons en considération que vous avez menti à vos intervenants sur la fréquentation d’une ex-prostituée », indiquent les deux commissaires.

En considérant tous ces facteurs et ces motifs, la Section d’appel précise qu’il n’est pas déraisonnable que la CLCC ait conclu que le plan de sortie de Fortin était incomplet et que le risque de semi-liberté ou en libération conditionnelle complète était inacceptable.

Pas la première fois

Michel Fortin n’en est pas à sa première révocation de sa semi-liberté.

En 2011, les commissaires de la CLCC avaient accepté de lui accorder du temps libre sans surveillance, mais elle lui avait été révoquée en 2013 après qu’il se soit retrouvé dans une maison où l’on vend et consomme des stupéfiants (crack house).

En mars 2016, Fortin bénéficie à nouveau d’une décision favorable de la commission et est remis en liberté, mais celle-ci fut de très courte durée, car après deux mois, il a été réincarcéré.

Après avoir passé environ trois autres mois en détention, Fortin était remis en semi-liberté en septembre 2016.

L’individu s’est bien comporté et avait obtenu des prolongations de sa semi-liberté en mai et décembre 2017.

Les choses ont commencé à se corser pour Fortin en mai 2018 lorsque la commission a demandé un relevé bancaire afin de vérifier l’état de ses finances.