L'Américain agresseur veut sa liberté

Le jeune américain accusé d’agression sexuelle sur une mineure est prêt à garantir 25 000 $ (dont 5000 $ en argent) pour être remis en liberté et garantir sa présence à Chicoutimi au moment de son procès.

L’enquête caution de l’ex-participant au programme Explore du centre linguistique du Cégep de Jonquière s’est tenue jeudi au tribunal de la jeunesse du Palais de justice de Chicoutimi. Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, rendra sa décision vendredi après-midi, à savoir s’il autorise le mineur à retourner à son domicile de la Californie ou s’il le garde détenu jusqu’à son procès.

Le jeune homme de 17 ans, dont nous ne pouvons dévoiler l’identité, a été arrêté samedi dernier à l’aéroport de Montréal, au moment où il s’apprêtait à prendre l’avion afin de retourner chez lui à la suite de la fin du programme d’études.

Le père du jeune homme est prêt à déposer 5000 $ en argent et à garantir une somme de 20 000 $ afin de démontrer au tribunal qu’il sera de retour pour le procès.

Me Cantin estime que son client n’a pas intérêt à ne pas se présenter étant donné qu’il voyage régulièrement aux États-Unis et au Mexique et que son père précise qu’il sera présent aux prochaines étapes.

Me Josée-Ann Gaudreault, de la Couronne, craint que la justice québécoise et canadienne ne puisse rien faire, une fois que l’accusé aura franchi la frontière américaine, pour l’obliger à revenir et qu’elle n’ait pas grand pouvoir pour obtenir le montant mis en garantie.

Une fête
Les faits révélés au tribunal démontrent que l’accusé et la victime ont participé à une fête avec les autres étudiants du programme le vendredi 20 juillet. Ils ont consommé de l’alcool et de la drogue.

À un moment donné, les deux jeunes sont sortis à l’extérieur et se sont retrouvés dans un sentier. La victime a raconté à son ami qu’elle avait déjà été victime d’agressions sexuelles par le passé et que c’était la raison pour laquelle elle consommait de l’alcool.

Afin de la rassurer et de démontrer qu’il pouvait comprendre, l’accusé lui a dit avoir été victime d’agressions physiques.

« Après, l’accusé a embrassé la jeune fille. Il a ensuite baissé ses mains afin de toucher ses parties intimes. La plaignante s’est mise à pleurer, l’a repoussé et lui a dit non. Il a continué en baissant les sous-vêtements de la victime. La jeune fille a perdu la mémoire et ne se souvient pas vraiment de ce qui s’est passé », explique Me Josée-Ann Gaudreault, de la Couronne.

« Lorsqu’elle a repris ses esprits, elle était toujours assise sur une roche dans le sentier, a remis ses sous-vêtements et a quitté. Elle a appelé une amie », a ajouté la procureure.

Discours incohérent
Des étudiants ont croisé l’accusé et la victime et ont bien vu que quelque chose n’allait pas. Un des amis de l’Américain a discuté de la situation et a remarqué que son discours était décousu.

« Il a enregistré leur conversation. L’accusé a avoué avoir ‘‘doigté’’ la plaignante et avoir mis son pénis en elle. Et il a confirmé que la victime lui avait dit non. L’accusé a aussi un discours incohérent sur le consentement de la plaignante », poursuit Me Gaudreault.

Au lendemain de l’agression, la victime a participé à une activité à la plage et a raconté les événements de la veille à une responsable. Celle-ci l’a amené à l’hôpital pour des prélèvements. Une plainte a ensuite été déposée à la police de Saguenay.