Le juge Jean Hudon a remis le jeune américain en liberté, mais en exigeant un dépôt de 15 000 $ en argent et une garantie supplémentaire de 10 000 $ sans dépôt. Le procès est fixé au 18 octobre.

L'Américain accusé d'agression sexuelle devra payer 15 000 $ pour reprendre sa liberté

L’adolescent américain accusé d’agression sexuelle sur une mineure a recouvré sa liberté et peut retourner chez lui en Californie. Son père a déposé 15 000 $ au tribunal et a pu garantir un montant de 10 000 $ sans dépôt pour assurer leur présence au procès fixé le 18 octobre.

L’homme avait offert 5000 $ en argent plus une garantie de 20 000 $ sans dépôt pour faire libérer son fils. Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, a estimé que les garanties offertes étaient suffisantes, mais pas assez en termes de montant.

L’adolescent de 17 ans (il aura 18 ans le 28 juillet) est accusé d’avoir agressé sexuellement une jeune anglophone de l’extérieur de la région de 17 ans. L’événement s’est produit le 20 juillet dernier lors d’une fête de fin de programme des étudiants du programme Explore du Cégep de Jonquière.

Le magistrat ne croit pas que le jeune homme fera faux bond à la justice québécoise étant donné qu’il veut étudier à l’université, qu’il peut voyager au Mexique et qu’il pourrait revenir au Canada.

« Les possibilités qu’il devienne fugitif à 17 ans sont minces. Nous ne pouvons l’écarter, car la certitude est impossible », de dire le magistrat.

Le juge ne retient pas non plus devoir maintenir l’adolescent sous garde uniquement parce qu’il est Américain, qu’il réside aux États-Unis et qu’il n’a aucune adresse au Canada.

« La poursuite n’a pas rempli son fardeau de convaincre le tribunal de la nécessité que la détention de l’accusé est nécessaire », ajoute-t-il.

Le juge ajoute que l’accusé n’a pas tenté de fuir le pays. Il était sur le point de quitter le Canada, mais il faut savoir que son programme d’immersion était terminé. L’accusé a été arrêté à l’aéroport de Montréal le samedi 21 juillet.

Le juge Hudon pense aussi que l’individu peut miser sur un père sérieux, qui n’a pas hésité un instant à traverser le continent pour venir appuyer son garçon.

L’accusé demeurera chez ses parents à Watsonville et ne peut entrer en contact avec la victime et sa mère et doit suivre les directives parentales.

Fête
Les événements reprochés auraient eu lieu dans la soirée du 20 juillet à la suite d’une fête des participants du programme étudiant.

L’accusé et la victime, tous deux âgés de 17 ans, se sont éloignés du groupe pour se rendre dans un endroit isolé à l’extérieur de la maison d’enseignement.

Les deux jeunes se sont embrassés. C’est ensuite que les choses ont changé. Le jeune homme a eu les mains baladeuses et la jeune fille n’a pas apprécié et lui a dit d’arrêter.

Il aurait fait fi de cette réponse. La victime a vécu un black-out et ne se souvient pas de ce qui a pu se produire. Lorsqu’elle a repris ses esprits, ses sous-vêtements étaient baissés. Ce n’est que le lendemain qu’elle a parlé de cette histoire à une responsable du programme et a porté plainte.

Un ami des deux jeunes a noté, après les événements, que quelque chose ne semblait pas aller. En raison des propos particuliers de l’accusé, l’ami a enregistré la conversation. L’Américain aurait avoué avoir ‘‘doigté’’ la jeune fille et l’avoir pénétrée. Il dit aussi qu’elle lui avait dit non au départ.

Dans sa décision, le juge Hudon a analysé les possibilités de défense. Sans se prononcer sur la valeur de cette défense, il croit qu’une défense est possible.

« À l’écoute de l’enregistrement, je crois qu’une défense est possible sur le consentement étant donné qu’ils se sont embrassés avant l’agression », a expliqué le juge.

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ÉCHANTILLON D'ADN RECUEILLI

Munis d’un mandat, les policiers de Saguenay ont été en mesure de recueillir un échantillon d’ADN du jeune Américain afin de le comparer à celui trouvé sur les lieux d’une agression sexuelle commise dans le secteur de Kénogami.

La prise d’ADN a été effectuée quelques instants avant que le juge Jean Hudon ne rende sa décision de remettre l’individu en liberté.

Selon les informations obtenues, les enquêteurs de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) veulent effectuer des comparaisons entre les deux ADN. Il n’est pas exclu que l’Américain puisse être l’homme recherché.

D’autres sources laissent voir par contre qu’il ne correspondrait pas à l’agresseur.

Il faut savoir que la jeune fille agressée sexuellement à Kénogami l’aurait été par un individu qui parlait anglais et qui portait un capuchon sur la tête. Il était difficilement reconnaissable. L’événement se serait produit dans la nuit du 15 au 16 juillet.