Me Sylvain Morissette

L'aliénation mentale rejetée pour Manzerolle

Le Dolmissois Bertrand Manzerolle est reconnu coupable d'avoir commis un vol qualifié au dépanneur Chez Pierrette, le 26 août 2015.
Le juge Pierre Simard n'a pas cru les prétentions de l'homme de 41 ans. Il soutenait avoir été dans un état de confusion post-épileptique lors de la perpétration du crime, de sorte que son geste n'était pas volontaire.
Au cours du procès tenu en septembre, le psychiatre de la défense est venu appuyer la thèse.
« Le juge a retenu le fait qu'il avait agi de manière préméditée et non dans un état de conscience altéré. Des gestes rationnels ont été commis après les événements puisque mon client s'est débarrassé de sa veste et de l'arme. Ces éléments sont jugés trop rationnels pour qu'ils puissent avoir été faits de façon automatique. Mon client est très déçu. J'avais l'impression qu'on avait franchi le pas, mais ce n'est pas le cas », a commenté Me Sylvain Morrissette, procureur de la défense.
Expertise médicale
« La thèse de défense d'automatisme avec aliénation mentale n'a pas été retenue malgré l'expertise médicale présentée par la défense.(...) Il y avait beaucoup d'éléments de preuve par rapport à ce qui s'est passé avant, pendant et après le vol qualifié », a mentionné la représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Julie Villeneuve.
« C'est un dossier particulier parce que la qualité de la preuve était exceptionnelle, de par l'enregistrement vidéo du dépanneur et de par la quantité de témoins qui ont vu des choses et qui ont collaboré. De plus, l'hypothèse du médecin n'était pas cohérente avec la preuve vidéo et la version d'un témoin qui l'a vu avant qu'il entre dans le dépanneur. Le juge a aussi trouvé des invraisemblances et incohérences dans la version de l'accusé. »
Événements
Le jour des événements, Manzerolle s'était rendu dans un bar, non loin du dépanneur, pour jouer avec des machines à poker et boire de la bière. Il a quitté l'établissement en prétendant qu'il voulait aller chercher de l'argent dans une institution financière.
C'est plutôt Chez Pierrette qu'il s'est pointé, le tout muni d'une fausse arme à feu. Juste avant, il s'était arrêté chez lui pour enfiler un chandail à capuchon et se munir d'une arme en plastique. Il a fait irruption dans le dépanneur, a demandé au commis le contenu du tiroir-caisse et a quitté les lieux avec une somme de 271 $. Avant de retourner au bar, il a retiré son chandail et s'est débarrassé de sa fausse arme.
Le dossier de Manzerolle sera de retour devant le juge Simard, vendredi, puisque ce dernier doit rendre son verdict dans la seconde accusation qui pèse contre lui, soit d'avoir utilisé une arme à feu pour commettre son délit.