Marc Lafrance connaîtra sa sentence sous peu. Il a déjà porté le verdict de culpabilité en appel et pourrait faire de même avec la sentence.

Lafrance prendra le chemin de la prison

Reconnu coupable d’agressions sexuelles sur deux jeunes filles, le Baieriverain Marc Lafrance prendra le chemin de la détention à compter du 23 février, date à laquelle le juge Michel Boudreault rendra sa décision. Malgré tout, l’agresseur nie toujours les actes qui lui sont reprochés.

L’individu de 35 ans n’y échappera pas, car Me Michael Bourget, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), demande une peine dissuasive variant de 30 à 36 mois.

Son confrère de la défense, Me Sylvain Morissette, estime que la sentence appropriée devrait se situer entre 12 et 14 mois.

L’une des victimes de Lafrance, à qui il a fait quatre cunnilingus, se dit détruite et se dit incapable de vivre une certaine intimité. Me Bourget précise que, contrairement à une fracture de la cheville, aucune radiographie ne peut démontrer l’ampleur du mal que son agresseur a pu lui faire.

Les événements remontent à 2010. Lafrance s’est approchée des deux victimes. Pour une jeune fille de 11 ans, il s’est collé sur elle et lui a soufflé dans le cou.

Mais pour l’autre fillette de 12 ans, il est allé plus loin. Il lui a fait un cunnilingus à quatre occasions. Il est même allé jusqu’à lui mettre un doigt dans l’anus, ce qui a créé une douleur à l’enfant.

L’individu a tenu un procès. Au terme de celui-ci, le juge de la Cour du Québec l’a reconnu coupable des infractions commises. Le magistrat a cru la version des deux victimes.

« Les gestes posés peuvent être qualifiés parmi les plus graves. Il n’y a pas eu pénétration avec le pénis, mais il y a mis sa langue. Ce sont des gestes odieux et contre lesquels il y a une réprobation sociale totale », a exprimé Me Bourget.

« Pour se satisfaire quatre fois, l’accusé lui a empoisonné la vie pour le reste de son existence. Si la sentence est une finalité pour lui, ça ne sera probablement pas le cas pour la victime. Elle aura des expériences à vivre et on verra comment elle pourra les vivre », ajoute-t-il.

Pour justifier sa demande d’une sentence de 30 à 36 mois, Me Bourget retient plusieurs facteurs aggravants, dont la gravité des gestes posés, la récidive sur la première victime, mais aussi d’avoir commis des gestes envers une seconde jeune fille.

« Il a arrêté d’agir à la suite de la dénonciation et non pas par lui-même. Il y a aussi absence d’empathie. Sur les facteurs atténuants, l’accusé n’a pas d’antécédent, est un actif pour la société et il est bien entouré », a complété Me Bourget.

12 à 14 mois

Pour sa part, Me Morissette n’est pas tout à fait en désaccord avec son confrère de la Couronne sur les facteurs aggravants des gestes posés par son client, estimant qu’ils se situent dans le plus haut de l’échelle en ce qui a trait à la gravité.

« Malgré tout ça, il n’y aura pas de sentence qui pourra réparer ce que la jeune fille a subi. Mais le tribunal devra mettre un chiffre sur cette affaire. Ce sera une sentence dissuasive et dénonciatrice », note le criminaliste.

« Mon client nie toujours les gestes qui lui sont reprochés. Ça ne doit pas être considéré comme un facteur aggravant. Le tribunal doit tenir compte de l’écoulement du temps, car il n’y a pas eu d’autres accusations depuis ce temps », a expliqué Me Morissette, justifiant sa suggestion de 12 à 14 mois de détention.

Le juge a pris l’affaire en délibéré. Il rendra sa décision le vendredi 23 février. 

« Les deux avocats ont effectué un bon travail en me présentant toute cette jurisprudence. Cela m’a éclairé. J’ai une bonne idée de la sentence à imposer, mais le tout mérite réflexion. Je dois prendre un peu de recul », a admis le juge Boudreault, dont le verdict a été porté en appel.

Lafrance n’en a pas fini avec la justice. Un juge doit rendre un verdict de culpabilité ou d’acquittement le 26 février dans une affaire d’accession et de possession de pornographie juvénile.