Maxime Simard-Pilote prévoyait briser ses conditions et ne voulait pas être dans le trouble.

L’accusé se dénonce avant de briser ses conditions

Un événement un peu particulier s’est produit au Palais de justice de Chicoutimi. Maxime Simard-Pilote, accusé de vols de motoneiges, s’est lui-même constitué prisonnier, car il craignait de violer ses conditions de remise en liberté.

Le Chicoutimien de 32 ans a été arrêté il y a une dizaine de jours dans le cadre d’une perquisition menée dans une résidence de Laterrière.

Simard-Pilote et son présumé complice, Michaël Girard, 33 ans, de Laterrière, auraient participé à un réseau de vols de motoneiges. Les agents avaient retracé trois motoneiges au domicile de Laterrière, des pièces volées et une quantité de cannabis.

Le client de Me Julien Boulianne avait pu recouvrer sa liberté après son arrestation et il s’était notamment engagé à déposer une somme de 500 $ afin de garantir sa liberté et le fait qu’il garderait la paix.

«La première fois que je vois ça»
Mercredi matin, il s’est présenté au tribunal pour dire à Me Boulianne qu’il était pour briser ses conditions.

« C’est la première fois que je vois ça. Un client veut être arrêté et envoyé en prison, car il sait qu’il est pour violer ses conditions de remise en liberté. Il ne voulait pas commettre un bris et tout perdre. Il a voulu prévenir les choses », explique le criminaliste.

Il faut savoir que l’individu avait laissé l’équivalent de son chèque d’aide sociale pour recouvrer sa liberté et qu’il n’avait plus d’argent pour terminer le mois. Il ne voulait pas être obligé d’aller contre la loi pour subvenir à ses besoins.

Me Boulianne ne pouvait parler de ces aveux à son homologue de la Couronne, Me Sébastien Vallée, car il ne voulait pas briser le secret professionnel entre un client et son avocat.

Simard-Pilote s’est alors dirigé vers les constables spéciaux et a fait des aveux sur ses intentions de briser ses conditions de remise en liberté. Les deux constables ont pu procéder à son arrestation en vertu de l’article 524.2 a) qui dit : un prévenu a violé ou est sur le point de violer une sommation ou une citation à comparaître peut être arrêté sans mandat.

Me Sébastien Vallée a demandé immédiatement la révocation des conditions de remise en liberté de l’accusé et suggéré que l’individu soit immédiatement détenu.

L’individu a été envoyé à la prison de Roberval. Son dossier devait revenir à la Cour en juin prochain, mais en raison de la détention, il a été prévu qu’il revienne au tribunal le 26 mars, devant le juge Jean Hudon. Les avocats pourront y aller des représentations sur sentence, car Simard-Pilote a déjà plaidé coupable aux accusations déposées contre lui.