Alex Tremblay a été arrêté immédiatement après l’agression sur son ami au bar Le Benjy. La victime avait été transportée à l’hôpital.

L’absolution conditionnelle pour Alex Tremblay

Alex Tremblay, un individu de 36 ans, obtient une absolution conditionnelle pour avoir frappé son ami, lui causant des lésions sévères. Le tribunal retient que la victime a menti dans sa déclaration.

Le 6 juin 2015, Tremblay se trouve au bar Le Benjy, à Chicoutimi, en compagnie de la victime, un ami de longue date. À la suite d’une discussion animée, l’accusé a été choqué par les propos du plaignant. Il le projette au plancher et le brasse. En tombant de son banc, la victime se cogne la tête au sol, tombe inconsciente et est transportée à l’hôpital, où elle demeure durant deux mois. La victime a même été dans le coma. L’altercation a été filmée par une caméra de surveillance.

Au départ, Tremblay est accusé de voies de fait graves pouvant entraîner une peine maximale de détention de 14 ans. Mais un amendement est apporté pour voies de fait causant des lésions. La peine est de 10 années au maximum.

Le client de Me Jean-Marc Fradette a reconnu avoir frappé son ami. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) demande de la prison ferme, même s’il croit qu’une peine en société aurait été appropriée, mais que celle-ci n’est plus possible depuis les amendements au Code criminel. La défense croit plutôt qu’une absolution conditionnelle serait appropriée.

Au moment des représentations sur sentence, la victime a rédigé une déclaration dans laquelle elle mentionne : « Je ne vois plus l’accusé depuis que j’ai pris conscience qu’il n’a aucun remords ressenti. »

Informations contraires

Me Michael Bourget, de la Couronne, fait immédiatement savoir au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, qu’il vient de recevoir des informations contraires concernant les liens entre l’accusé et le plaignant.

Rapidement, le magistrat s’informe auprès de la victime afin d’en savoir davantage.

« L’accusé ne devait pas dire que nous continuions à nous parler. C’était censé être un secret », avoue-t-il au juge.

Il s’agit d’une fausse déclaration. En plus, il est démontré que les deux hommes s’envoient des textos. En plus, Alex Tremblay donne du boulot à la victime. Les deux individus se côtoient et se parlent donc régulièrement.

Le procureur de la Couronne en rajoute. Il dit avoir appris qu’une certaine menace concernant une somme d’argent impayée a été faite lorsque le plaignant a dit à l’accusé : « Tu ne perds rien pour attendre », en se référant aux représentations sur la peine.

Fausses prémisses

Me Bourget ne cache pas être choqué par la situation, d’autant plus que cela survient au moment où il s’apprête à faire ses représentations sur sentence et que celles-ci auraient été fondées sur de fausses prémisses.

Autre élément qui a favorisé l’absolution conditionnelle, c’est que l’accusé possède une licence de la Régie du bâtiment et qu’une condamnation pourrait lui faire perdre sa licence. De plus, sa conjointe a entrepris des démarches pour opérer une garderie pour enfants handicapés. Or, si son conjoint possède des antécédents judiciaires, elle ne pourra obtenir son permis d’opération.

Dans son jugement, le juge Lortie base sa décision sur le plaidoyer de culpabilité de l’accusé et sur le fait que les gestes posés n’étaient pas prémédités, mais sont survenus dans le feu de l’action. Le magistrat ajoute que l’accusé exprime des regrets sincères, qu’il a renoué avec le plaignant et qu’il lui donne du travail.

Sans antécédents

Tremblay n’a pas d’antécédents judiciaires et son rapport présentenciel est positif. Les risques de récidive sont donc faibles.

Le juge a aussi tenu compte des facteurs aggravants comme le fait que le crime est punissable de 10 années de détention, que le geste comporte un degré de violence et d’acharnement et que la victime a subi des conséquences physiques et psychologiques.

« Cette décision est bonne pour mon client. Il a démontré des remords, s’est excusé et a dit ne pas vouloir faire de mal à son ami d’enfance. Il était dans son intérêt de ne pas avoir de casier pour ne pas perdre son permis de la Régie du bâtiment et que sa conjointe n’aurait pas pu ouvrir une garderie. La société y trouve son compte étant donné qu’il n’y a pas intérêt à leur faire perdre leur gagne-pain », précise Me Fradette.