La vie en prison ne lui déplaît pas du tout

« À la prochaine ! » C’est ce qu’a lancé Constant Simard au juge Pierre Lortie, après avoir écopé d’une peine de deux ans pour conduite dangereuse causant des lésions et trafic de cocaïne. L’homme de 41 ans, ne « voulant pas faire de menteries à personne », a admis au juge qu’il le reverrait sans doute bientôt, puisque la vie sociale de la prison ne lui déplaît pas.

Constant Simard, détenu depuis son arrestation il y a quelques mois, a réglé ses plus récents dossiers devant le juge, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Il a d’abord plaidé coupable à une accusation de conduite dangereuse causant des lésions. Il y a quelques mois, l’accusé circulait au volant de son véhicule avec à son bord deux passagers, lorsqu’il est passé devant une voiture de patrouille. 

« Ils ne m’auront pas ! », aurait lancé sans aucune raison Constant Simard, faisant référence aux policiers. Il a alors pesé sur l’accélérateur. Ses deux passagers étaient assis, ou couchés, sur un matelas installé à l’arrière de la voiture. Après avoir fait de la vitesse sur quelques kilomètres, Simard a mal négocié une courbe et sa voiture a fait quelques tonneaux. L’un des passagers a été blessé et Constant Simard a quitté les lieux de l’accident à pied. 

Le problème, c’est que la victime de l’accident n’a pas voulu collaborer avec la justice. Mais Constant Simard a tout de même plaidé coupable, en plus d’admettre son implication dans une histoire de trafic de stupéfiants. En effet, il a reconnu sa culpabilité à une accusation de trafic d’un gramme de cocaïne. Bien qu’il ne s’agisse pas de la plus grande quantité de drogue qui soit, la défense et la Couronne ont suggéré une peine de deux ans de pénitencier, en raison de la longue feuille d’antécédents judiciaires de l’accusé. Il a d’ailleurs quelques peines de prison à son actif. Il a surtout des antécédents de trafic de stupéfiants, mais aussi d’introduction par effraction. 

Devant cette nouvelle condamnation, Constant Simard a accepté la situation sans trop broncher, admettant que la prison « n’était pas si pire que ça ». 

« J’ai été élevé là-dedans. J’ai été en centre jeunesse à partir de 14 ans. Il y a des chances que vous me revoyez ici », a lancé l’accusé au juge Pierre Lortie. Ce dernier a d’ailleurs admis avoir rarement entendu un accusé aussi franc. 

« Vous êtes d’une franchise déconcertante. Habituellement, les personnes devant moi me disent que je ne les reverrai pas et qu’elles vont se prendre en main », a répondu le juge Lortie. 

« Je ne veux pas faire de menteries à personne ici. Je ne fais pas vraiment exprès, mais après deux ans, ça me manque. Pas la prison, mais la vie en gang. C’est dur à expliquer, mais c’est ancré en moi. Dehors, je peux être trois jours sans parler à personne. En dedans, ça n’arrive jamais. Les gens qui n’ont jamais fait de prison pensent que ça fait peur, mais ce n’est pas si pire que ça », a indiqué Constant Simard. 

« Vous avez toujours été poli devant moi et vous me semblez être un homme très social. Vous devriez essayer d’exploiter votre potentiel à l’extérieur de la prison », a répondu le juge Pierre Lortie. 

Le procureur de la Couronne, Me Michaël Bourget, a lui aussi été bien étonné d’entendre un accusé parler avec autant de franchise. 

Le juge Pierre Lortie a admis avoir rarement entendu un accusé parler avec autant de franchise.