All Boivin aurait aspergé sa victime de poivre de Cayenne lors de l’altercation du 25 juillet 2018, à Laterrière.

La victime est restée pour All Boivin

Après avoir reçu plusieurs coups de pied et de poing, la présumée victime d’All Boivin aurait bien voulu quitter l’endroit. Elle ne l’a pas fait parce qu’elle était trop « maganée » et qu’elle voulait rester pour lui.

Le contre-interrogatoire de la plaignante a pris fin, vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a entendu les réponses de la jeune femme de 21 ans.

Me Pierre Gagnon, qui représente les intérêts de Boivin, a encore une fois questionné la présumée victime afin de la discréditer et de faire ressortir certaines contradictions.

Lors de son interrogatoire au Quartier général du Service de police de Saguenay (SPS), le 12 septembre, la victime a raconté que Boivin l’avait rapidement aspergée de poivre de Cayenne lors de l’altercation du 25 juillet 2018, à Laterrière.

« J’avais de la misère à fonctionner. Il m’a maganée comme du monde. Je voulais dormir et je ne voulais plus manger de coups. Il lui était arrivé de me battre auparavant, mais ça arrêtait. Je me suis dit que ce serait la même chose cette fois-là. »

« Je n’ai donc pas pris la fuite. Et en même temps, je voulais aussi rester là pour lui. Mais à la fin, je voulais quitter, mais je n’étais tout simplement pas capable de le faire », a ajouté la jeune femme, précisant que Boivin ne l’a jamais empêchée de partir.

Questionnée quant au fromage en ficelle emballé trouvé dans son vagin, la plaignante a mimé la façon dont l’agresseur l’a inséré, soit du bas vers le haut, lors de son entretien avec l’enquêtrice, même si lors du premier interrogatoire, six semaines avant, elle n’en avait aucune idée.

« J’imagine que c’est comme ça que c’est arrivé. Je me rappelle avoir ressenti une vive douleur dans le vagin. Mais je n’ai jamais imaginé ce qu’il avait pu m’insérer », a-t-elle précisé.

Sur l’épisode de l’objet trouvé lors de l’examen gynécologique, la policière Any-Pier Bouchard, qui veillait à sa sécurité, était présente au moment de la découverte.

« La victime était calme, amorphe et ne bougeait pas beaucoup. Lorsque la médecin a inséré le spéculum, elle m’a regardée en se questionnant. J’ai alors sorti mon calepin de notes et j’ai écrit. »

« La victime a voulu s’asseoir et savoir ce que c’était. Elle était en panique. Lorsqu’elle a su ce que c’était, elle a dit qu’il (All Boivin) était un os*** d’imbécile et qu’il ne fallait pas avoir d’os*** de coeur pour faire ça et que c’était dangereux », a raconté la policière Bouchard.

Manipulation

Au cours de son témoignage, la victime avait parlé de son agresseur comme d’un homme gentil et aimable au moment où elle l’a connu, mais il est ensuite devenu plus violent et manipulateur.

Me Gagnon l’a confrontée sur la manipulation en faisant référence au moment où Boivin l’a mis à la porte du logement qu’ils partageaient et qu’elle l’a appelé le lendemain pour dire qu’elle ne pouvait demeurer chez sa mère, car son beau-père venait de tordre le cou du chat.

« Ce n’était pas vrai, mais j’ai cru que mon beau-père l’avait fait. Oui, j’ai tenté de le manipuler pour que je puisse retourner à l’appartement. J’ai fait de la manipulation à quelques reprises », a fini par dire la victime.

Elle a aussi reconnu qu’elle avait connu Boivin bien avant d’aménager avec lui, mais a mentionné ne pas s’en être souvenue.