Le procès devant jury de Steeve Marquis tire à sa fin. Les procureurs pourraient livrer leur plaidoirie lundi ou mardi.

La version de Steeve Marquis contredite

Le Jonquiérois Steeve Marquis a été en partie contredit par des témoins de la défense, vendredi, sur certains faits et gestes qui auraient été commis envers son ex-conjointe lors de la fameuse soirée à Montréal, où elle a subi une double fracture de la mâchoire.

À la cinquième journée du procès de l’homme de 40 ans, accusé notamment de voies de fait causant des lésions, de bris de condition et d’entrave au travail des policiers, la défense a fait entendre cinq témoins aux membres du jury et au juge Louis Dionne, de la Cour supérieure du Québec. 

Ami de Marquis depuis une dizaine d’années, Jean-Philippe Gauthier a accueilli l’accusé et sa conjointe à son appartement de Montréal à la fin du mois de juillet 2016. 

« Lorsque je me suis levé ce matin-là, Steeve et sa conjointe étaient debout. Il n’y avait rien de particulier. Le climat était correct », a précisé M. Gauthier.

« Durant la soirée, nous avons assisté aux feux d’artifice. Au retour à l’appartement, j’ai noté une distance entre eux, mais sans plus. À un moment donné je suis sorti pour fumer une cigarette. Lorsque je suis revenu, j’ai vu qu’il s’était passé quelque chose. J’ai vu madame qui avait la joue enflée et j’ai vu une vingtaine de gouttes de sang dans la salle de bain », a répondu le témoin aux questions de Me Louis Belliard, de la défense.

Ces éléments vont en partie en contradiction avec le témoignage de Marquis, lui qui prétend que sa conjointe dormait en matinée. Et aucun mot du témoin sur l’engueulade de la dame à l’endroit de l’accusé quelques instants avant que les coups ne soient portés, comme Marquis l’avait mentionné.

Jean-Philippe Gauthier n’a pas caché être inquiet de la santé de la plaignante et il n’a pas hésité à lui offrir d’aller à l’hôpital ou d’attendre à lundi pour consulter un dentiste.

« Je voyais bien qu’il y avait quelque chose. La mâchoire ne bougeait pas beaucoup. Elle m’a demandé ce que je pensais de son visage. J’ai cru qu’elle avait une dent cassée. J’ai proposé d’aller à l’hôpital. Elle m’a dit non. J’ai parlé du dentiste ou encore de partir dès le dimanche matin en direction du Saguenay. Elle a choisi cette solution. Elle avait de la difficulté à parler et à ouvrir la bouche, mais elle me répondait », a indiqué M. Gauthier, à la suite d’une question de Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne.

Sur cet élément, Steeve Marquis avait affirmé jeudi que sa conjointe ne pouvait pas lui répondre et qu’elle n’avait rien demandé.

Parmi les autres témoins, le frère de la présumée victime a témoigné sur la relation entre l’accusé et sa soeur.

Il a notamment abordé la soirée du 20 au 21 novembre 2016, moment où il a pris la décision de sortir sa soeur de cette relation difficile et houleuse.

« Je me suis rendu à l’appartement Steeve Marquis, car je voulais sortir ma soeur de là. Ça faisait quelques jours que nous n’avions pas eu de ses nouvelles. Je n’avais pas l’intention de régler des comptes, mais je voulais sortir ma soeur de là, surtout après l’épisode de la mâchoire », a résumé le frère de la présumée victime.

« J’ai été seul à prendre la décision de me rendre chez lui. Personne d’autre, ni mes parents ni ma soeur, n’était au courant de mes intentions », a-t-il ajouté.

Jean-Noël Marquis, le père de l’accusé, a présenté des photos prises jeudi de la résidence de la rue du Vieux-Pont, à Jonquière.

« C’était pour savoir si l’on pouvait voir à l’intérieur de la maison à partir de la rue et assis dans une voiture. On ne voit à peu près rien », de dire M. Marquis.

Dans la preuve de la Couronne, le père de la plaignante a dit qu’il avait vu Marquis au moment où il battait sa fille et qu’il était immédiatement intervenu, alors qu’il était assis dans sa voiture de l’autre côté de la rue.