Me Marianne Girard, de la Couronne, a accepté que l’accusée recouvre sa liberté en attendant les représentations sur sentence.

La trafiquante n’a pas saisi sa chance

Éliane Tremblay n’a pas eu une chance de comprendre et de s’en sortir, mais bien deux. Mais elle n’a pas été en mesure de saisir la balle au bond et a plutôt poursuivi son commerce de trafic de stupéfiants.

La femme de 58 ans, de la rue Smith à Chicoutimi, a plaidé coupable, vendredi matin, devant la juge Isabelle Boillat à des accusations de trafic de cocaïne, de métamphétamine, de cannabis et de l’hydromorphone.

Le récit d’Éliane Tremblay a été assez particulier. La quinquagénaire a été arrêtée une première fois le 24 janvier 2019.

À la suite d’informations du public et de quelques informateurs, les policiers du Service de police de Saguenay ont intercepté la femme en lien avec la possession de stupéfiants. Les agents ont découvert 375 comprimés de métamphétamine.

La femme a été libérée par sommation ; elle devrait se présenter au tribunal à un moment ou un autre.

Mais moins de quatre mois plus tard, le 15 mai, les policiers ont reçu encore de l’information voulant qu’Éliane Tremblay ait repris son manège et qu’elle vendait toujours des stupéfiants. Elle a été arrêtée en possession de 684 comprimés de métamphétamine, 28 grammes de haschisch, sept grammes de cocaïne, 57 grammes de cannabis et un montant de 235 $.

Le temps de faire analyser les substances saisies afin de déterminer l’ampleur des accusations, les policiers ont remis à nouveau la femme en liberté, sous une promesse de comparaître.

Les deux premiers avertissements ne semblent pas avoir eu d’effet, car moins d’un mois après, le 12 juin, des citoyens se sont plaints encore de visites rapides et régulières au domicile de l’accusée. Les policiers ont effectué de la surveillance et ont noté plus d’une dizaine de passages de quelques minutes au domicile de la suspecte.

Les agents ont mené une perquisition et saisi 49,44 grammes de cocaïne, 107,27 grammes de cannabis, 5,95 grammes de haschisch, 27 comprimés de métamphétamine, 75 autres d’hydromorphone et un montant de 490 $.

Cette fois-ci, Éliane Tremblay a été arrêtée et incarcérée. Neuf jours plus tard, elle a plaidé coupable à toutes les accusations.

Thérapie

Tremblay devrait profiter de la période estivale pour réfléchir à l’idée, selon les commentaires de la magistrate, de suivre une thérapie fermée pour venir à bout de sa dépendance aux drogues, car il est fort possible que la détention l’attende au détour.T

La cliente de Me Olivier Théorêt, de l’Aide juridique, vit seule à Chicoutimi depuis quelques années, ses deux enfants se trouvant à l’extérieur. Ceux-ci ont renoué contact avec leur mère au cours des derniers mois et ont fait valoir à la magistrate qu’ils voulaient prendre soin d’elle et qu’ils n’avaient surtout pas l’intention d’apprendre qu’elle est morte d’une surdose de drogue.

Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a déjà laissé voir que la prison ferme attendait l’accusée, qui a passé les derniers jours derrière les barreaux.

Même son avocat abonde dans le même sens, étant donné que la prison en société ou un sursis de sentence ne peuvent s’appliquer pour une cause de trafic de stupéfiants.

Malgré tout, Éliane Tremblay a réussi à obtenir sa sortie de détention en attendant que les parties ne fassent les représentations sur sentence, le 3 octobre.

La juge Boillat a tenu à remercier les procureurs au dossier pour leur travail dans ce dossier et a souligné la présence des membres de la famille dans la salle d’audience, qui sont venus donner leur appui à leur mère.

« Vous allez retrouver vos enfants, qui vont s’occuper de vous. Je sais que ce n’est pas une obligation de suivre une thérapie, mais si vous croyez en avoir besoin, je vous encourage à en suivre une. Si elle doit se poursuivre au-delà de la date retenue pour les représentations sur sentence, je n’aurai aucune difficulté à reporter l’audience », a indiqué la magistrate.