Les membres des familles des victimes sont déçus, mais sont conscients que le juge a un travail important à faire.

La sentence d'Yves Martin reportée

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, reporte au 26 janvier 2017 la sentence d'Yves Martin. Il veut avoir tous les outils à sa disposition pour prendre la bonne décision.
L'individu, qui aura 37 ans le 23 janvier, a été reconnu coupable par un jury de huit hommes et quatre femmes, le 2 décembre dernier, de conduite dangereuse causant la mort (peine maximale de 14 ans), de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort (peine maximale de prison à vie) et de conduite avec un taux de plus de 80 milligrammes d'alcool par 100 millilitres de sang causant la mort (peine maximale de prison à vie). 
Six jours après que les verdicts unanimes de culpabilité soient tombés, le juge Huot a entendu Me Michaël Bourget, de la Couronne, et Me Jean-Marc Fradette, en défense, faire part de leurs recommandations pour la peine de l'individu qui compte deux antécédents de conduite avec les facultés affaiblies depuis 2005.
«J'ai été trop optimiste en pensant que je serais en mesure de rendre ma décision aujourd'hui (mardi). Je suis avancé et je dois poursuivre mes recherches. Je vais rendre la sentence lorsque j'aurai tous les outils à ma disposition pour le faire», indique le magistrat, lors d'une visioconférence.
La sentence est donc déplacée en janvier, quand le juge aura terminé d'entendre un procès de deux semaines à Saint-Georges-de-Beauce. 
Le juge Huot a souhaité de belles Fêtes aux avocats et aux familles touchées par le drame.
«M. Martin, vous serez amené devant moi pour la sentence le 26 janvier. Ma décision écrite accompagnera le prononcé de la sentence.»
Les membres des familles des victimes sont déçus, mais sont conscients que le juge a un travail important à faire.
«Il nous garde la surprise et notre cadeau de Noël est reporté. On lui fait confiance», ont lancé les familles des victimes.
Quant à Yves Martin, il n'est ni déçu ni content. 
«Pour lui, que la sentence soit reportée d'une semaine ou d'un mois ne change pas grand-chose.Sauf que ça permettra à sa famille de lui rendre visite à la prison de Roberval», a précisé Me Jean-Marc Fradette.
Lorsque la peine sera officiellement prononcée, Yves Martin prendra le chemin d'un pénitencier (fédéral), un établissement carcéral que l'on ne retrouve pas dans la région.
Sentence
La défense recommande une sentence de 10 ans d'emprisonnement et une interdiction de conduire de trois ans, alors que la Couronne (Me Michaël Bourget) suggère plutôt de 15 à 20 ans de pénitencier et une interdiction de conduire à vie. 
Yves Martin a fait des déclarations incriminantes dans les minutes suivant la collision, laissant voir qu'il était «ben saoul», qu'il était dans la «marde» et qu'il irait en prison. Il avait ajouté qu'il en avait fait une belle «à soir». 
Au lendemain de son arrestation, il a déclaré ne se souvenir d'absolument rien de l'accident. 
Mais ceux-ci sont revenus dans les semaines suivantes. Il a mentionné en interrogatoire que c'est la Honda Civic des victimes qui «s'est crissée dans moé. Je me suis dit qu'est-ce qui fait là, tabarnak!», a dit Martin afin de convaincre le jury.
L'autre élément qui a joué contre lui est son taux d'alcool. Plus de deux heures et trente minutes après l'événement, il a été démontré qu'il était de .179. Ce taux devait être autour de .220 ou .230 au moment de l'accident.