Plusieurs condamnés ne font pas leur travaux communautaires et se retrouvent en détention pour quelques semaines lorsque ces obligations ne sont pas effectuées.

La sentence avant l’emploi

Chaque fois qu’un accusé est condamné à des travaux communautaires, les juges leur rappellent qu’ils doivent les mettre en priorité, avant même le travail rémunéré. Plusieurs l’oublient et se retrouvent souvent en détention pour quelques semaines lorsque ces travaux ne sont pas effectués.

Un individu de Jonquière pourrait être confronté à cette réalité au début de la nouvelle année.

L’homme a été condamné le 19 janvier 2018 à effectuer 200 heures de travaux communautaires après avoir plaidé coupable à une histoire de menaces. Le tribunal lui avait accordé huit mois pour réaliser les travaux, sachant très bien que s’il n’y parvenait pas, qu’il pourrait se retrouver derrière les barreaux.

Mercredi matin, le client de Me Julien Boulianne a demandé une extension des délais, précisant qu’il avait réussi à faire 90 des 200 heures imposées par la cour.

« C’est toujours la même chose. Chaque fois qu’une personne est condamnée à des travaux communautaires, le juge s’assure que l’accusé a le temps pour les faire et lui rappelle qu’il doit les mettre en priorité, avant même son emploi. Je ne dis pas que c’est de votre faute », a mentionné le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec.

L’individu a bien tenté de s’expliquer. Il a précisé qu’à l’époque de sa condamnation, il lui arrivait souvent de travailler à l’extérieur de la région. Il avait tenté de s’arranger avec son employeur.

Cela a joué contre lui, il a perdu son emploi. Rapidement, il a fait les démarches pour se trouver un nouveau travail et n’a pas été en mesure de compléter ses travaux communautaires. « Mon nouveau travail devrait m’amener à l’extérieur de la région pour les 60 prochains jours », a-t-il admis.

Le juge lui a précisé qu’il pouvait prolonger le délai pour les travaux communautaires jusqu’au 18 janvier 2019, que la loi ne lui permettait pas d’aller au-delà de la fin de sa période de probation (qui se termine le 19 janvier 2019). « Je ne peux faire autrement. Vous avez votre sort entre vos mains. Vous avez des décisions à prendre », a indiqué le magistrat.

L’individu a laissé voir qu’il devra probablement renoncer à un contrat de travail de deux mois à l’extérieur de la région pour s’assurer de compléter les travaux communautaires dans les délais prescrits par le tribunal.