La réhabilitation lui évite la prison

La Jonquiéroise Sara-Jeanne Landry-Maltais aurait pu se retrouver à l’ombre pour avoir fourni les clefs du restaurant Burger King de Chicoutimi à des « amis » afin qu’ils y commettent un cambriolage. Comme la femme a fait les efforts nécessaires pour se réhabiliter, elle réalisera plutôt des travaux communautaires.

En mars 2018, la femme de 35 ans a vécu une période creuse qui a duré moins d’une semaine, mais qui a été intense. En l’espace de cinq jours, elle a menacé son ex-conjoint, commis des voies de fait sur une personne de son entourage et a participé à un complot et à une introduction par effraction dans un commerce.

À l’époque, la cliente de Me Charles Cantin consommait de la métamphétamine et n’était pas dans son assiette. Au surplus, elle n’avait pas les meilleures fréquentations en ville.

Le soir du 17 mars, peu de temps après avoir remis sa démission au Burger King du boulevard Talbot, elle a remis les clefs du commerce à David Gilbert, Jean-Philippe Gagnon et Philippe Fortin-Racine. Elle leur a indiqué où se trouvait l’argent une fois que le commerce avait fermé ses portes.

Les quatre mousquetaires se sont alors exécutés. Ils sont entrés et ont réussi à mettre la main sur le butin, une somme assez dérisoire, mais qui n’a pu être précisée.

Landry-Maltais n’a pas pénétré dans le commerce, mais comme elle a participé au crime, elle a été accusée de complot et d’introduction par effraction.

L’accusée a plaidé coupable en juillet et le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a demandé la confection d’un rapport présentenciel.

Celui-ci a été remis au tribunal récemment et il s’est avéré très positif. Landry-Maltais a démontré une réhabilitation solide.

« Je regrette tout ce que j’ai fait. J’ai déjà eu ma sentence, car la Direction de la protection de la jeunesse m’a enlevé mes trois enfants. Si je n’avais pas fait tout ça, ça ne serait pas arrivé. J’ai mal choisi mes fréquentations et j’avais des problèmes de consommation à ce moment. Mais ça n’explique pas tout ce que j’ai fait. J’avais aussi de la difficulté avec la gestion de mes émotions et j’étais malheureuse », a indiqué l’accusée.

« Je ne vois plus les trois personnes (coaccusés). J’aime mieux être seule chez moi que d’être avec de mauvaises personnes », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle ne voulait plus consommer de drogue, elle qui a déjà été abstinente durant sept années.

Me Charles Cantin, en défense, et Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), ont soumis une suggestion commune au tribunal, évitant la détention ferme de l’accusée.

« Le rapport présentenciel est positif. Je dois être conséquente, car lorsqu’un rapport est négatif, nous nous en servons au tribunal. Lorsque c’est positif, ça doit être la même chose », a mentionné Me Paré.

De son côté, le criminaliste a ajouté que sa cliente avait passé huit jours en détention préventive et que les travaux communautaires lui serviront aussi de leçon.

« Vous êtes une femme intelligente et votre place n’est pas au tribunal. Vous devez mettre les efforts pour vos enfants, car ils ont besoin de vous », a conclu le juge.

Parmi les autres accusés dans cette affaire, David Gilbert devrait avoir droit à un procès devant juge et jury à compter du 4 novembre pour ces événements, mais surtout pour un vol qualifié dans un dépanneur de Jonquière survenu quelques jours auparavant.

Gagnon a été condamné à deux ans de pénitencier pour l’introduction par effraction au Burger King et le vol qualifié du dépanneur. Quant à Fortin-Racine, le tribunal lui avait imposé 240 heures de travaux communautaires, en tenant compte de la détention préventive de 10 mois et de la réussite d’une thérapie de neuf mois, lui aussi pour le Burger King et le vol qualifié.