La prison pour un vol à la pointe de l'exacto

Le Chicoutimien Gino Laforest-Allard en voulait au propriétaire de son ancien logement au point d’avoir cherché à lui soutirer 10 000 $ à la pointe d’un exacto. Il lui a aussi lancé un café au visage et l’a atteint en brisant une chaise sur le sol.

L’homme de 32 ans a écopé d’une sentence de 22 mois de détention pour 13 dossiers de voies de fait armées d’un café et d’une chaise, de vol qualifié, de nombreux bris de condition, d’entrave au travail des policiers et de méfait au bloc cellulaire du Palais de justice de Chicoutimi.

La juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, a écouté le récit des aventures du client de Me Olivier Théorêt (Aide juridique), tel que résumé par Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Laforest-Allard demeure dans un édifice à logement de la rue Racine, à Chicoutimi. Il semble avoir des divergences d’opinions avec le propriétaire des lieux, d’autant plus que l’accusé ne payait plus son loyer au cours du printemps et de l’été 2017, et qu’il n’a pas quitté, car il le squattait.

Les choses ont dégénéré le 12 avril lorsque Laforest-Allard a menacé le propriétaire en l’invectivant du commentaire : « M’a te tuer mon câlice. » Accusé de menace, il a par le fait même briser une promesse.

Le 28 juin, le propriétaire s’affaire à peinturer les lieux lorsque l’accusé s’y présente. Frustré, il lance le contenu de son gobelet de café sur le propriétaire. Insatisfait du résultat, il prend une chaise et se met à la cogner au sol. La chaise se fracasse et le propriétaire est atteint par une pièce. Laforest-Allard est accusé de voies de fait armées d’un café et d’une chaise.

Toujours pas content de la tournure des événements, le client de Me Théorêt retourne un peu plus tard au logement et prend deux gallons de peinture qu’il lance à l’extérieur. Et en sortant, il brise une sortie d’air et un poêle appartenant au propriétaire.

Incarcéré, Laforest-Allard est en discussion avec son avocat dans le bloc cellulaire, lorsqu’il prend le téléphone réservé aux discussions et frappe la vitre située entre lui et le procureur. Il fait éclater la vitre et brise le téléphone.

Ça dégénère

Cette même journée du 3 juillet 2017, il est envoyé en thérapie fermée. Il en ressort le 13 janvier, six mois plus tard, avec la mention d’une réussite et des commentaires positifs des intervenants.

À sa sortie de la thérapie, l’accusé doit résider obligatoirement à la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi et y respecter les règlements.

Le 26 janvier, il fait une rechute et se remet à consommer des stupéfiants et omet de revenir à sa résidence assignée.

Les choses se gâtent alors pour Laforest-Allard. Le 1er mars, il croise à nouveau le propriétaire de l’édifice à logement qu’il avait habité. L’homme s’apprête à collecter le paiement des loyers de ses locataires. Il attend dans son camion.

Tout à coup, la portière du passage d’ouvre. Laforest-Allard se pointe et braque un exacto en direction de l’homme. Il lui réclame 10 000 $, car il estime que l’homme a profité de son absence (en thérapie) pour lui voler l’équivalent de 50 000 $ de matériel qu’il disait avoir en sa possession. L’accusé a quitté le camion sans un sou supplémentaire, mais avec une accusation de vol qualifié de plus à son dossier.

« Mon client ne l’a pas eu facile. Il a été en famille d’accueil dès son adolescence. Il s’est retrouvé dans un milieu strict et encadré. Lorsqu’il a dû quitter à 18 ans, il voulait vivre sa liberté », a mentionné Me Théorêt.

La volonté de Laforest-Allard à vouloir être libre l’a plutôt conduit à l’ombre.

À sa sortie de prison, il se trouvera sous probation pour deux années et aura un suivi probatoire pour 12 mois.