La prison pour un trafiquant

Le Chicoutimien Éric Poitras passera les six prochains mois derrière les barreaux après avoir plaidé coupable à une kyrielle d’accusations, dont le trafic de 181 comprimés de métamphétamine.

L’individu de 34 ans s’est présenté mardi après-midi devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, afin de régler les nombreux dossiers accumulés entre le 29 novembre 2017 et le 5 décembre 2018.

Le client de Me Olivier Théorêt est apparu très nerveux devant le tribunal, sachant qu’il prendrait le chemin de la détention, à la suite de la suggestion commune de six mois moins un jour de détention soumise par Me Pascal Lévesque, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et de Me Théorêt.

Le principal fait d’armes de Poitras s’est déroulé entre le 14 et le 20 décembre 2017. Des citoyens ont communiqué avec les policiers de Saguenay pour leur faire part de visites douteuses au domicile de Poitras, sur la rue Roussel, à Chicoutimi-Nord.

Les enquêteurs du Service de police de Saguenay (SPS) ont entrepris une surveillance des lieux, les 14 et 15 décembre, et ont noté de nombreuses visites rapides de certains individus.

Le 20 décembre, les policiers ont pris la décision de perquisitionner le logement de Poitras. Ils y ont trouvé 181 comprimés de métamphétamine et 4,75 grammes de cannabis.

Les policiers avaient aussi trouvé une arme à feu, mais Poitras a démontré au juge Daoust que la carabine de calibre 22 n’était pas fonctionnelle et qu’il lui manquait des morceaux.

Devant l’absence d’une preuve hors de tout doute raisonnable que la carabine aurait pu servir, Me Lévesque a pris la décision de retirer les accusations en lien avec cette arme et son mauvais entreposage.

En juin 2018, les policiers de la patrouille à vélo ont interpellé Poitras sur la piste cyclable de la zone portuaire parce que son chien se promenait sans laisse.

En arrivant sur place, les agents ont remarqué que l’accusé était nerveux. Lorsqu’ils lui ont demandé de s’identifier, il a utilisé le prénom de son frère jumeau, mais les policiers ont rapidement découvert le pot aux roses.

En fouillant l’individu, les agents ont découvert 66 grammes de métamphétamine.

« Je savais que j’étais sous probation et que je ne devais pas avoir de problème. Je me suis fait passer pour mon frère jumeau. Ce n’était pas une bonne idée », a admis Poitras.

Me Pascal Lévesque, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Dernières frasques

Et en octobre 2018, il a été accusé de bris de promesse, soit d’avoir consommé de l’alcool et de ne pas avoir gardé la paix.

« Les policiers ont été appelés par des voisins pour leur dire qu’il y avait une chicane de couple dans le logement d’à côté. À l’arrivée des agents, vers 4 h 50 du matin, tout était calme, mais ils ont remarqué que M. Poitras avait la main ensanglantée et que des portes d’armoire se trouvaient au sol. C’est là qu’il a avoué avoir consommé de l’alcool parce que c’était sa fête la veille », a expliqué Me Lévesque, de la Couronne.

Si Éric Poitras se retrouve dans une cellule du Centre de détention de Roberval pour les prochains mois, c’est en raison de ses antécédents judiciaires.

L’homme de 34 ans avait été condamné à une peine de 10 mois en société pour du trafic de stupéfiants en 2006. Il était alors associé au milieu criminalisé.