Brandon Dallaire a quitté la salle d’audience par la porte menant au bloc cellulaire avant d’être envoyé à la prison de Roberval.

La prison pour le «poignardeur»

Le Robervalois Brandon Dallaire évite le pénitencier de justesse. Il est condamné à une peine de deux ans moins un jour de détention pour avoir poignardé sa victime.

La juge Sonia Rouleau, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Mariane Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Marie-Ève St-Cyr, en défense. 

Dallaire, maintenant âgé de 21 ans, a plaidé coupable à des accusations de voies de fait graves, d’usage négligent d’une arme blanche et d’un bris de promesse. Il s’exposait à une peine maximale de 14 années d’emprisonnement. 

Les événements se sont produits le 14 novembre 2016 à l’extérieur du bar Le Campus, sur la rue Saint-Dominique, à Jonquière. 

Dallaire a asséné trois coups de couteau pour une histoire d’espace afin de fumer. La remarque d’un des belligérants n’aurait pas fait l’affaire de l’autre et un couteau a été utilisé. La victime a reçu deux coups à proximité de la rate et du diaphragme et le troisième a touché son bras. Quelques millimètres plus à gauche et la victime y passait. 

L’individu avait même suscité une certaine indignation sur les réseaux sociaux en ajoutant le surnom de « Stabber », poignardeur en français, à son identification, au lendemain des accusations.

Au moment de prononcer la sentence, la juge a souligné que d’autres solutions pouvaient être envisagées plutôt que d’utiliser une arme blanche.

« Je comprends que c’est la victime qui vous a attaqué. Mais vous auriez pu vous sauver ou répliquer en le poussant. À la place, vous avez utilisé un couteau et vous l’avez frappée trois fois. La victime aurait pu en mourir », a commenté la juge Rouleau.

« Vous êtes jeune et je crois qu’il serait difficile de vous envoyer au pénitencier (plus de deux ans d’emprisonnement). Les deux procureurs ont fait un travail exemplaire et je suis en accord avec la défense voulant que vous auriez été reconnu coupable dans un procès étant donné la force utilisée pour vous défendre », d’ajouter la juge.

Me Marianne Girard a précisé au tribunal que la victime vit avec des séquelles.

« Il a des difficultés à dormir, doit prendre de la médication et a des reflux réguliers. Il vomit à peu près chaque jour. Les coups lui ont perforé la rate et le diaphragme. Il a été sauvé par une infirmière qui se trouvait tout près », a résumé la procureure de la Couronne.

En défense, Me St-Cyr a expliqué que son client a cru avoir agi en légitime défense. Le problème, c’est qu’il a utilisé une arme blanche pour se défendre.

« M. Dallaire a écrit une lettre d’excuse à sa victime. Il comprend maintenant que le geste était démesuré. Et si jamais une pareille situation devait se présenter, il n’agirait pas de la même façon », note la criminaliste.

Dallaire sera sous probation pour une période de trois ans, avec un suivi de 24 mois.