Daniel Tremblay passera les prochains mois à l’ombre après avoir été pris à conduire pendant une interdiction.

La prison pour avoir conduit une cinquième fois pendant une interdiction

Daniel Tremblay ne pouvait retourner chez lui avec une bonne tape sur les doigts après avoir conduit une cinquième fois pendant une interdiction. Mais le tribunal ne pouvait pas non plus l’envoyer derrière les barreaux pour une longue période.

L’individu du boulevard Sainte-Geneviève a donc écopé d’une sentence cinq mois de détention ferme. Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a tenu compte dans sa décision du fait que l’homme de 74 ans venait de passer quatre mois assigné à son domicile 24 heures sur 24 et a démontré, cette fois, qu’il pouvait respecter les ordonnances de la cour.

Une situation contraire à ses habitudes, car le tribunal a noté que le multirécidiviste de l’alcool au volant (1998, 2010 et 2016) et de la conduite pendant interdiction (2010, 2010, 2016, 2017 et 2018) n’avait jamais tenu compte des conditions imposées par le tribunal.

Tremblay a été arrêté au volant de sa camionnette le 23 octobre 2018, ce qui lui était interdit pour cinq ans.

En raison de ces antécédents, Me Marianne Girard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), avait demandé une peine de prison ferme de deux années moins un jour, alors que Me Jean-Marc Fradette, en défense, avait plutôt suggéré une sentence de 18 à 24 mois en société.

Incarcéré du 23 octobre au 1er novembre 2018, Tremblay a plaidé coupable dès la première occasion. Ce menuisier a bénéficié d’une remise en liberté, le temps de compléter un contrat d’armoires. Il était retourné chez lui sous des conditions sévères imposées par le tribunal.

«Une peine en collectivité avec une assignation à domicile 24 heures sur 24 pourrait être dénonciatrice et dissuasive. Malgré tout, je ne peux vous donner ce genre de sentence en raison de vos antécédents judiciaires. Je sais que votre famille et votre travail sont importants pour vous, mais ces valeurs étaient présentes bien avant votre dernière arrestation et vous n’avez jamais agi en conséquence. Vous me semblez cette fois-ci avoir compris, mais vous avez tardé à changer», a expliqué le juge Boudreault.

«La détention ferme s’impose en raison de votre non-respect des ordonnances de la cour. Il faut donner le signal de dénoncer ces comportements et dissuader les conducteurs qui seraient tentés de faire comme vous. Mais je ne crois pas que cette infraction mérite une peine de détention allant en gradation par rapport à votre dernière sentence de 12 mois de détention», ajoute le juge.

Le magistrat impose une interdiction de conduire de 18 mois supplémentaires à Tremblay, lui qui en a déjà trois à son palmarès, dont la dernière est d’une durée de cinq années (depuis octobre 2017).

En défense, Me Fradette s’est dit satisfait de la décision du tribunal, estimant que son client se tirait bien d’affaire.

«Dans la peine, le juge a tenu compte des quatre mois de remise en liberté à domicile 24 sur 24 et que cela ressemblait à une sentence de détention», a indiqué Me Fradette.

À la Couronne, la procureure n’a pas voulu commenter. Me Girard a un délai de 30 jours pour s’adresser à la Cour d’appel du Québec.